Escherichia coli dans l’eau : contamination fécale, risques, analyse et traitement
Escherichia coli, souvent abrégée E. coli, est une bactérie habituellement présente dans l’intestin des humains et des animaux à sang chaud. La plupart des souches sont inoffensives, mais certaines peuvent provoquer des maladies. Dans le contrôle de l’eau potable, E. coli est surtout utilisée comme indicateur de contamination fécale : sa détection signale qu’une barrière de protection, de traitement ou de distribution a pu être défaillante.
- Nature
- Bactérie intestinale
- Rôle dans l’analyse de l’eau
- Indicateur de contamination fécale
- Limite française et européenne
- 0 dans 100 mL
- Transmission possible
- Voie fécale-orale
À retenir : un résultat positif en E. coli dans une eau potable ne signifie pas automatiquement que la souche détectée est pathogène. Il indique toutefois une contamination fécale et la possibilité que d’autres agents pathogènes soient présents. Une investigation et des mesures de protection doivent être engagées sans attendre.
Qu’est-ce qu’Escherichia coli ?
Escherichia coli est une bactérie à Gram négatif appartenant à la famille des Enterobacterales. Elle vit principalement dans le tube digestif des humains et de nombreux animaux. Son abondance dans les matières fécales et sa détection relativement accessible expliquent son utilisation comme indicateur microbiologique de la qualité de l’eau.
La présence d’E. coli dans un prélèvement d’eau potable traduit généralement l’arrivée récente de matières fécales humaines ou animales, une défaillance du traitement, une intrusion dans le réseau ou une contamination lors du prélèvement.
Nom scientifique : le nom complet s’écrit Escherichia coli. L’abréviation correcte est E. coli. Dans les rapports d’analyse, le résultat peut être exprimé en nombre, UFC ou NPP par 100 mL selon la méthode utilisée.
Pourquoi E. coli est-elle utilisée comme indicateur de contamination fécale ?
Un indicateur microbiologique n’est pas nécessairement l’agent responsable d’une maladie. Il sert à révéler une situation pouvant favoriser la présence de pathogènes. E. coli est considérée comme l’un des indicateurs les plus appropriés d’une contamination fécale de l’eau potable.
- elle est abondante dans les matières fécales humaines et animales ;
- elle est normalement rare dans une eau non contaminée par des matières fécales ;
- elle peut être recherchée par des méthodes normalisées ;
- sa détection permet d’identifier rapidement une défaillance sanitaire ;
- elle déclenche une investigation sur l’origine de la contamination.
E. coli n’est toutefois pas un indicateur parfait. Sa survie et sa sensibilité aux traitements diffèrent de celles des virus, protozoaires ou bactéries plus résistantes. Un résultat négatif ponctuel ne permet donc pas d’exclure tous les agents pathogènes dans toutes les situations.
Interprétation correcte : la détection d’E. coli indique une contamination fécale. Elle ne permet pas d’identifier automatiquement l’espèce animale ou humaine à l’origine de cette contamination, ni de prouver la présence d’un pathogène déterminé.
Toutes les souches d’E. coli sont-elles dangereuses ?
Non. La majorité des souches d’E. coli vivent normalement dans l’intestin sans provoquer de maladie. Certaines possèdent toutefois des facteurs de virulence leur permettant de provoquer une diarrhée, une infection urinaire, une septicémie, une méningite ou d’autres infections.
| Groupe | Signification | Effets principaux |
|---|---|---|
| STEC / VTEC | E. coli produisant des toxines de Shiga ou vérotoxines | Diarrhée parfois sanglante, risque de syndrome hémolytique et urémique |
| ETEC | E. coli entérotoxinogène | Diarrhée aqueuse, notamment chez certains voyageurs |
| EPEC | E. coli entéropathogène | Diarrhée, surtout chez les jeunes enfants |
| EIEC | E. coli entéro-invasive | Diarrhée aqueuse ou sanglante, fièvre possible |
| EAEC | E. coli entéroagrégative | Diarrhée parfois prolongée |
| DAEC | E. coli à adhérence diffuse | Association possible avec certaines diarrhées infantiles |
Les STEC sont aussi appelées VTEC. Le terme EHEC est souvent utilisé pour désigner les souches STEC capables de provoquer des formes cliniques sévères. Le sérotype O157:H7 est bien connu, mais de nombreuses souches non-O157 peuvent également provoquer une maladie.
Analyse de l’eau et pathotype : la méthode réglementaire utilisée pour dénombrer E. coli dans l’eau potable ne recherche pas nécessairement les gènes de virulence ou les toxines. Un résultat positif ne permet donc pas, à lui seul, de conclure à la présence d’une souche STEC.
Comment E. coli arrive-t-elle dans l’eau ?
La contamination résulte du contact de l’eau avec des matières fécales humaines ou animales. Elle peut se produire à la ressource, pendant le traitement, dans le stockage, dans le réseau de distribution ou au point d’usage.
- rejets d’eaux usées ou débordement d’un réseau d’assainissement ;
- fuite d’une fosse septique ou dysfonctionnement d’un assainissement individuel ;
- ruissellement agricole ou présence d’animaux près d’un captage ;
- inondation d’un puits ou d’un réservoir ;
- défaillance d’une étape de filtration ou de désinfection ;
- rupture de canalisation, baisse de pression ou retour d’eau ;
- réservoir mal fermé, évent non protégé ou intrusion d’animaux ;
- contamination du robinet ou erreur pendant le prélèvement.
L’eau de pluie n’est pas stérile. Après ruissellement sur les toitures, les sols ou les surfaces souillées, elle peut transporter E. coli et d’autres micro-organismes.
Quelles situations augmentent le risque de contamination ?
| Situation | Cause possible | Action prioritaire |
|---|---|---|
| Fortes pluies ou inondation | Lessivage des matières fécales et intrusion dans le captage | Protéger la ressource, inspecter et analyser |
| Puits privé peu profond | Infiltration rapide depuis la surface | Vérifier l’étanchéité et la distance des sources de pollution |
| Travaux sur le réseau | Entrée de terre ou d’eau contaminée | Nettoyage, désinfection, rinçage et contrôle |
| Baisse de pression | Aspiration d’eau extérieure par une fuite | Localiser l’incident et protéger les consommateurs |
| Réservoir mal entretenu | Intrusion d’animaux, dépôts ou défaut d’étanchéité | Inspection, nettoyage et sécurisation |
| Prélèvement mal réalisé | Robinet contaminé, mains ou matériel non stériles | Reprendre l’échantillon selon un protocole adapté |
Combien de temps E. coli peut-elle survivre dans l’eau ?
La survie dépend de la température, de la lumière, de la présence de nutriments, de la salinité, du pH, de la concurrence microbienne et du temps. Les bactéries peuvent persister plus longtemps dans une eau fraîche, trouble ou riche en matières organiques que dans une eau exposée au soleil et pauvre en nutriments.
Dans les eaux et sols contaminés, certaines populations peuvent persister suffisamment longtemps pour être transportées vers une ressource. Une détection ne permet cependant pas de dater précisément la contamination.
Contamination récente : E. coli est généralement interprétée comme un indicateur de contamination fécale récente, mais le délai exact entre la contamination et le prélèvement ne peut pas être calculé à partir du seul résultat.
Quels effets les souches pathogènes peuvent-elles provoquer ?
Les symptômes dépendent du pathotype. Les infections diarrhéiques peuvent provoquer des crampes abdominales, une diarrhée aqueuse ou sanglante, des vomissements et parfois une fièvre modérée.
Les infections par STEC peuvent évoluer vers un syndrome hémolytique et urémique, ou SHU. Cette complication grave peut entraîner une insuffisance rénale, une anémie hémolytique et une diminution des plaquettes.
- diarrhée persistante ou sanglante ;
- douleurs abdominales importantes ;
- vomissements répétés ;
- signes de déshydratation ;
- diminution des urines ;
- pâleur, fatigue inhabituelle ou ecchymoses ;
- sang dans les urines.
Urgence médicale : une diminution importante des urines, du sang dans les urines, une pâleur marquée, des ecchymoses inexpliquées ou une baisse de vigilance après une diarrhée peuvent évoquer un SHU et nécessitent une prise en charge médicale immédiate.
Quelles personnes sont plus vulnérables ?
- les enfants de moins de cinq ans ;
- les personnes âgées ;
- les personnes immunodéprimées ;
- les personnes souffrant de certaines maladies chroniques ;
- les voyageurs exposés à une eau ou des aliments insuffisamment sûrs ;
- les personnes utilisant une eau privée non contrôlée ;
- les personnes exposées lors d’une épidémie ou au contact d’animaux porteurs.
Les jeunes enfants et les personnes âgées présentent un risque accru de déshydratation et de complications sévères lors de certaines infections à E. coli.
Quelle est la limite réglementaire d’E. coli dans l’eau potable ?
La directive européenne 2020/2184 et la réglementation française fixent une limite de qualité de 0 E. coli dans 100 mL pour l’eau destinée à la consommation humaine. Pour l’eau mise en bouteilles ou en récipients, l’unité européenne est le nombre dans 250 mL.
| Cadre | Valeur | Nature du paramètre |
|---|---|---|
| France – eau destinée à la consommation humaine | 0/100 mL | Limite de qualité microbiologique |
| Union européenne – eau potable | 0 nombre/100 mL | Valeur paramétrique |
| Eau mise en bouteilles ou récipients | 0 nombre/250 mL | Unité particulière prévue par la directive |
| Eaux brutes utilisées pour produire de l’eau potable | Valeurs distinctes selon le cadre réglementaire | Ne pas confondre avec l’eau distribuée |
E. coli et les entérocoques intestinaux sont des paramètres microbiologiques centraux. Un résultat supérieur à zéro dans une eau potable est une non-conformité nécessitant une évaluation rapide du risque.
Quelle différence entre E. coli et les bactéries coliformes ?
Les bactéries coliformes constituent un groupe plus large. Certaines peuvent provenir des matières fécales, tandis que d’autres vivent dans les sols, les végétaux, les biofilms ou l’environnement.
| Paramètre | Signification principale | Valeur française pour l’eau potable |
|---|---|---|
| E. coli | Indicateur spécifique de contamination fécale | Limite de qualité : 0/100 mL |
| Bactéries coliformes | Indicateur du fonctionnement du traitement ou de l’intégrité du réseau | Référence de qualité : 0/100 mL |
| Entérocoques intestinaux | Autre indicateur de contamination fécale | Limite de qualité : 0/100 mL |
Un résultat positif en coliformes avec E. coli négatif reste anormal dans l’eau potable et peut révéler une dégradation du réseau ou une contamination environnementale. Il ne doit pas être interprété comme équivalent à une contamination fécale démontrée.
Comment prélever une eau pour rechercher E. coli ?
La qualité du prélèvement est déterminante. Une contamination du flacon, des mains ou du robinet peut produire un résultat faussement positif. À l’inverse, un rinçage ou une désinfection inadaptés peuvent modifier le résultat recherché.
- utiliser un flacon stérile fourni par le laboratoire ;
- choisir le point de prélèvement selon l’objectif de l’analyse ;
- retirer les accessoires du robinet lorsque le protocole le prévoit ;
- nettoyer ou désinfecter le point selon les instructions du laboratoire ;
- laisser couler l’eau pendant la durée prescrite ;
- éviter de toucher le goulot, le bouchon ou l’intérieur du flacon ;
- laisser l’espace d’air demandé sans rincer le flacon ;
- conserver au froid et acheminer rapidement au laboratoire.
Les flacons destinés à une eau chlorée contiennent généralement un neutralisant, tel que le thiosulfate de sodium. Le flacon ne doit pas être rincé avant le prélèvement.
Comment E. coli est-elle recherchée en laboratoire ?
La réglementation française reconnaît les méthodes NF EN ISO 9308-1 ou NF EN ISO 9308-2 pour l’analyse d’E. coli et des bactéries coliformes dans les eaux destinées à la consommation humaine.
| Méthode | Principe général | Expression du résultat |
|---|---|---|
| NF EN ISO 9308-1 | Filtration sur membrane puis culture sur un milieu chromogène | Nombre ou UFC par volume analysé |
| NF EN ISO 9308-2 | Méthode du nombre le plus probable sur milieu liquide | NPP par volume analysé |
| Méthodes moléculaires | Recherche de gènes spécifiques ou de facteurs de virulence | Résultat qualitatif ou quantitatif selon le protocole |
| Typage de souche | Caractérisation approfondie lors d’une investigation | Sérotype, pathotype ou profil génomique |
La culture réglementaire permet de rechercher l’indicateur E. coli. La détermination d’un pathotype comme STEC nécessite des analyses complémentaires portant sur les toxines, leurs gènes ou d’autres facteurs de virulence.
Comment interpréter un résultat d’analyse ?
Résultat : absence dans 100 mL
Le résultat est conforme pour le paramètre E. coli dans l’échantillon analysé. Il ne constitue pas une garantie absolue sur toute l’installation ni sur une contamination intermittente.
Résultat : présence dans 100 mL
Toute détection dans une eau potable est non conforme. Il faut confirmer le contexte, protéger les consommateurs, rechercher l’origine et contrôler les autres paramètres microbiologiques.
Résultat inattendu ou isolé
Une erreur de prélèvement reste possible, mais elle ne doit pas être présumée sans investigation. Un nouveau prélèvement peut compléter l’évaluation, sans retarder les mesures de précaution nécessaires.
Questions à poser au laboratoire : volume analysé, méthode, unité, limite de détection, date et heure du prélèvement, délai d’analyse, température de transport et présence éventuelle d’un neutralisant.
Comment interpréter E. coli dans une eau brute ou un puits privé ?
Une eau brute destinée à être traitée peut contenir des micro-organismes avant potabilisation. Les valeurs applicables à la ressource ne sont donc pas les mêmes que la limite de l’eau distribuée.
Pour un puits privé utilisé comme eau de boisson, la présence d’E. coli indique une contamination fécale et rend l’eau impropre à la consommation sans mesures correctives et contrôle adapté. Une simple désinfection ponctuelle ne suffit pas si la cause — fissure, ruissellement, assainissement voisin, défaut de tête de puits — n’est pas corrigée.
- inspecter la tête de puits, le tubage et les joints ;
- vérifier les écoulements de surface ;
- contrôler la proximité des fosses septiques et zones d’élevage ;
- analyser après inondation, travaux ou changement de goût ;
- faire confirmer la remise en conformité avant de reprendre la consommation.
Comment le traitement collectif élimine-t-il E. coli ?
La maîtrise repose sur plusieurs barrières successives. Le traitement exact dépend de la qualité de la ressource et du niveau de contamination.
- Protection de la ressource : limiter les apports fécaux.
- Coagulation et clarification : retirer les particules et une partie des micro-organismes.
- Filtration : réduire les bactéries et la turbidité.
- Désinfection : inactiver les bactéries restantes.
- Stockage protégé : éviter une recontamination après traitement.
- Résiduel et surveillance : contrôler le réseau jusqu’au consommateur.
Une eau trouble peut protéger les micro-organismes et réduire l’efficacité de la désinfection. La turbidité, le débit, le temps de contact, la dose et l’intégrité du réseau doivent être surveillés.
Quels désinfectants sont efficaces contre E. coli ?
E. coli est généralement sensible aux désinfectants utilisés pour l’eau potable lorsque la dose et le temps de contact sont adaptés. Le chlore, le dioxyde de chlore, l’ozone et les ultraviolets peuvent contribuer à son inactivation.
| Procédé | Action | Limites principales |
|---|---|---|
| Chloration | Inactivation et résiduel possible dans le réseau | Demande en chlore, pH, température, turbidité et sous-produits |
| Dioxyde de chlore | Désinfection de l’eau et du réseau | Dosage, chlorites et chlorates |
| Ozone | Oxydation et désinfection rapide | Pas de résiduel durable et formation possible de bromates |
| Ultraviolets | Inactivation au passage dans le réacteur | Transmittance, turbidité, dose et absence de résiduel |
La désinfection ne corrige pas une intrusion permanente, une canalisation rompue, un puits mal protégé ou un stockage ouvert. La source de la contamination doit être supprimée.
Quels systèmes de filtration peuvent retenir E. coli ?
E. coli mesure généralement quelques micromètres. Certaines membranes de microfiltration, d’ultrafiltration, de nanofiltration ou d’osmose inverse peuvent constituer une barrière physique si leur intégrité est démontrée.
| Technologie | Potentiel | Conditions indispensables |
|---|---|---|
| Microfiltration | Peut retenir les bactéries selon la taille absolue des pores | Membrane intacte, joints étanches et contrôle du débit |
| Ultrafiltration | Forte barrière physique contre les bactéries | Contrôle d’intégrité et prévention du colmatage |
| Nanofiltration | Très forte rétention physique attendue | Pression, prétraitement et entretien |
| Osmose inverse | Très forte barrière si la membrane est intacte | Maintenance et prévention de la recontamination en aval |
| Charbon actif seul | Ne constitue pas une preuve de sécurité microbiologique | Peut héberger une croissance microbienne s’il est mal entretenu |
| Céramique | Variable selon la taille absolue des pores et le dispositif | Absence de fissure, joints étanches et validation spécifique |
Taille nominale et taille absolue : une finesse nominale ne garantit pas l’élimination de toutes les bactéries. La performance doit être démontrée sur le dispositif complet par un essai microbiologique adapté.
L’ébullition inactive-t-elle E. coli ?
Oui. Lorsqu’une autorité recommande de faire bouillir l’eau, il faut suivre exactement ses consignes. À défaut de consigne locale plus précise, le CDC recommande généralement de porter l’eau claire à gros bouillons pendant au moins une minute, puis de la laisser refroidir dans un récipient propre et fermé.
- si l’eau est trouble, la laisser décanter puis la préfiltrer ;
- porter l’eau à ébullition franche ;
- maintenir l’ébullition pendant la durée recommandée ;
- laisser refroidir sans ajouter de glace non sûre ;
- conserver dans un récipient propre, fermé et identifié.
L’ébullition inactive les micro-organismes, mais ne retire pas les polluants chimiques et ne répare pas l’installation à l’origine de la contamination.
Comment évaluer un dispositif domestique contre E. coli ?
Une allégation générale telle que « antibactérien », « purifie l’eau » ou « filtration fine » ne suffit pas. Il faut rechercher une performance microbiologique précise, obtenue sur le modèle complet et dans des conditions définies.
- identifier le modèle exact et la cartouche testée ;
- vérifier le micro-organisme utilisé pendant l’essai ;
- examiner le niveau de réduction obtenu et la durée du test ;
- contrôler le débit, le volume traité et la qualité de l’eau d’essai ;
- vérifier l’étanchéité et le risque de contournement du média ;
- respecter le nettoyage et le remplacement prévus ;
- éviter la recontamination du réservoir, du robinet et des mains.
Absence de résultat spécifique : aucun pourcentage de réduction d’E. coli ne peut être déduit uniquement de la composition d’un filtre. La présence de céramique, de charbon actif, d’argent ou d’un autre média ne remplace pas un essai microbiologique spécifique.
Comment prévenir une contamination par E. coli ?
- protéger les captages et les têtes de puits contre le ruissellement ;
- maintenir les installations d’assainissement en bon état ;
- analyser un puits après inondation, travaux ou intrusion ;
- sécuriser les réservoirs, évents et trop-pleins ;
- éviter les raccordements croisés et retours d’eau ;
- désinfecter et contrôler les réseaux après travaux ;
- se laver les mains après les toilettes et avant la préparation des aliments ;
- ne pas boire une eau de rivière, de source ou de pluie non traitée ;
- entretenir les dispositifs domestiques conformément à leur notice.
Que faire si E. coli est détectée dans l’eau ?
- considérer l’eau comme non conforme pour la consommation ;
- suivre les consignes du distributeur, de la mairie ou de l’autorité sanitaire ;
- utiliser une autre source d’eau sûre ou faire bouillir selon les instructions ;
- ne pas préparer de glaçons, biberons ou aliments avec l’eau restreinte ;
- rechercher rapidement l’origine de la contamination ;
- inspecter la ressource, le traitement, le stockage et le réseau ;
- effectuer les mesures correctives et la désinfection nécessaires ;
- réaliser des analyses de contrôle avant la reprise des usages normaux.
Un second prélèvement ne doit pas servir à retarder les mesures de protection. La priorité est d’éviter l’exposition jusqu’à ce que l’installation soit sécurisée et que la conformité soit confirmée.
Questions fréquentes sur E. coli dans l’eau
E. coli est-elle toujours dangereuse ?
Non. La plupart des souches sont inoffensives. Dans l’eau potable, sa présence est néanmoins un signal de contamination fécale et de risque microbiologique.
Que signifie 0 E. coli dans 100 mL ?
Aucun E. coli ne doit être détecté dans le volume réglementaire de 100 mL analysé pour l’eau destinée à la consommation humaine.
E. coli et coliformes sont-ils la même chose ?
E. coli appartient au groupe des coliformes, mais toutes les bactéries coliformes ne sont pas E. coli et toutes ne sont pas d’origine fécale.
Un résultat positif prouve-t-il la présence d’E. coli O157:H7 ?
Non. L’analyse réglementaire de l’eau détecte l’indicateur E. coli sans identifier automatiquement le sérotype ou les gènes de virulence.
Une eau transparente peut-elle contenir E. coli ?
Oui. La bactérie est microscopique et ne modifie pas nécessairement la couleur, le goût ou l’odeur de l’eau.
Une analyse négative garantit-elle l’absence de tous les pathogènes ?
Non. E. coli est un indicateur très important, mais certains virus, protozoaires ou bactéries peuvent présenter un comportement différent.
Le chlore élimine-t-il E. coli ?
E. coli est généralement sensible au chlore lorsque la dose, le temps de contact, le pH et la qualité de l’eau sont adaptés. Une désinfection mal appliquée ou une eau très trouble peut réduire l’efficacité.
Un filtre à charbon actif élimine-t-il E. coli ?
Le charbon actif seul ne constitue pas une preuve de réduction bactérienne. Il peut même héberger une croissance microbienne si le dispositif est mal entretenu.
Une céramique peut-elle retenir E. coli ?
Certaines céramiques suffisamment fines et intactes peuvent constituer une barrière physique. La performance dépend toutefois de la taille absolue des pores, des fissures, des joints et d’une validation microbiologique du dispositif complet.
L’osmose inverse est-elle efficace ?
Une membrane intacte constitue une forte barrière physique. L’efficacité réelle dépend de l’installation, de l’entretien, de l’intégrité et de la prévention d’une recontamination après traitement.
Peut-on boire l’eau après une simple désinfection du puits ?
Non sans contrôle. Il faut corriger la cause de la contamination, appliquer une procédure adaptée puis obtenir des résultats conformes avant de reprendre la consommation.
Quand consulter un médecin ?
En cas de diarrhée sanglante, vomissements persistants, forte déshydratation, diminution des urines, pâleur ou symptômes chez une personne fragile, un avis médical rapide est nécessaire.
Contaminants et paramètres associés
Sources scientifiques et administratives
Cette fiche s’appuie sur des textes réglementaires, des agences sanitaires et des organismes publics reconnus. Les blogs commerciaux, comparateurs, contenus d’affiliation et vendeurs de systèmes de filtration ne sont pas utilisés comme références scientifiques principales.
-
Directive (UE) 2020/2184 relative à la qualité de l’eau potable
Valeur paramétrique de 0 E. coli dans 100 mL et méthodes européennes d’analyse.
Consulter la directive sur EUR-Lex -
Arrêté du 11 janvier 2007 – Limites et références de qualité
Limite française de 0 E. coli dans 100 mL pour les eaux destinées à la
consommation humaine.
Consulter l’annexe sur Légifrance -
Arrêté du 19 octobre 2017 – Méthodes d’analyse des eaux
Méthodes NF EN ISO 9308-1 et NF EN ISO 9308-2 pour E. coli et les coliformes.
Consulter les méthodes sur Légifrance -
Organisation mondiale de la Santé – Guidelines for drinking-water quality
Utilisation d’E. coli comme indicateur de contamination fécale et gestion
préventive des risques microbiologiques.
Consulter les recommandations de l’OMS -
Organisation mondiale de la Santé – E. coli
Présentation des souches pathogènes, de la transmission et des mesures de prévention.
Consulter la fiche de l’OMS -
OMS – Agents pathogènes liés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène
Documents techniques sur les agents pathogènes transmis par les systèmes d’eau
et d’assainissement.
Consulter les documents de l’OMS -
ANSES – Escherichia coli entérohémorragiques
Informations sur les EHEC, les voies de contamination, l’eau de boisson et
les mesures de prévention.
Consulter la fiche de l’ANSES -
ECDC – Shiga toxin-producing Escherichia coli
Description des STEC, des toxines de Shiga, des symptômes et de la surveillance européenne.
Consulter la fiche de l’ECDC -
CDC – About E. coli Infection
Présentation générale, souches inoffensives et pathogènes, transmission et populations à risque.
Consulter la fiche du CDC -
CDC – Technical Information
Classification des principaux pathotypes diarrhéiques et caractéristiques cliniques.
Consulter les informations techniques du CDC -
CDC – Symptômes et syndrome hémolytique et urémique
Signes d’alerte, déshydratation et complications des infections à STEC.
Consulter les symptômes décrits par le CDC -
CDC – Traitement de l’eau en situation d’urgence
Recommandations sur l’ébullition et la désinfection de l’eau.
Consulter les recommandations du CDC