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Sélénium dans l’eau : rôle essentiel, excès, risques et filtration

Le sélénium est un élément naturellement présent dans les roches, les sols et certains minerais. Il constitue un oligoélément essentiel au fonctionnement de l’organisme, mais un apport trop élevé et prolongé peut provoquer une intoxication appelée sélénose. Dans l’eau potable, le sélénium provient principalement de certaines formations géologiques, de l’érosion des sols et, plus localement, d’activités minières, métallurgiques, agricoles ou industrielles.

Symbole chimique
Se
Numéro atomique
34
Famille
Non-métal et oligoélément
Valeur UE
20 µg/L

Qu’est-ce que le sélénium ?

Le sélénium est un élément chimique de symbole Se et de numéro atomique 34. Il est généralement classé parmi les non-métaux, même si certaines de ses formes présentent des propriétés proches de celles des métalloïdes.

Dans la nature, le sélénium est souvent associé au soufre et à des minerais contenant du cuivre, du plomb, du nickel ou de l’argent. Il n’est que rarement présent sous forme élémentaire.

Sa concentration dans les sols et les eaux varie fortement d’une région à l’autre. Certaines zones géologiques sont pauvres en sélénium, tandis que d’autres sont dites sélénifères et peuvent présenter des concentrations naturellement plus élevées.

À retenir : le sélénium est indispensable en petite quantité, mais la marge entre un apport adapté et un apport excessif est plus étroite que pour de nombreux autres éléments nutritifs.

Quel est le rôle du sélénium dans l’organisme ?

Le sélénium entre dans la composition de plusieurs protéines et enzymes appelées sélénoprotéines. Celles-ci participent à différents mécanismes essentiels.

Le sélénium contribue notamment :

  • à la protection des cellules contre le stress oxydatif ;
  • au fonctionnement normal de la thyroïde ;
  • au métabolisme des hormones thyroïdiennes ;
  • au fonctionnement du système immunitaire ;
  • à la reproduction ;
  • à la protection de certaines membranes cellulaires ;
  • au fonctionnement de plusieurs enzymes antioxydantes.

L’organisme ne fabrique pas le sélénium. Celui-ci doit donc être apporté par l’alimentation. L’eau potable représente généralement une source secondaire par rapport aux aliments.

Quels aliments contiennent du sélénium ?

La teneur des aliments en sélénium dépend notamment de la concentration présente dans les sols où les plantes ont poussé et dans l’alimentation donnée aux animaux.

Les principales sources alimentaires peuvent comprendre :

  • les poissons et les fruits de mer ;
  • les viandes et les abats ;
  • les œufs ;
  • les céréales ;
  • certains produits laitiers ;
  • les légumineuses ;
  • les graines et fruits à coque ;
  • certaines noix particulièrement riches en sélénium.

La teneur en sélénium de certains aliments peut être très variable. La consommation régulière de compléments alimentaires ou d’aliments très concentrés peut augmenter sensiblement l’exposition totale.

À quoi sert le sélénium ?

Le sélénium et ses composés sont utilisés dans plusieurs applications industrielles, agricoles, électroniques et médicales.

  • fabrication de verre et de pigments ;
  • production de composants électroniques et de semi-conducteurs ;
  • fabrication de cellules photovoltaïques ;
  • raffinage et métallurgie du cuivre ;
  • fabrication de certains alliages ;
  • production de caoutchouc ;
  • compléments alimentaires et aliments enrichis ;
  • compléments destinés à l’alimentation animale ;
  • fabrication de certains shampooings antipelliculaires ;
  • utilisation dans certains produits pharmaceutiques ou vétérinaires.

Comment le sélénium arrive-t-il dans l’eau ?

Érosion naturelle des roches et des sols

L’altération de formations géologiques contenant du sélénium peut libérer cet élément dans les eaux souterraines et les eaux de surface. Cette origine naturelle constitue l’une des principales causes de concentrations élevées dans certaines régions.

Drainage agricole et irrigation

Dans les zones où les sols sont naturellement riches en sélénium, l’irrigation peut mobiliser des formes solubles et les transporter vers les eaux de drainage, les rivières ou les nappes.

Activités minières et métallurgiques

L’extraction et le traitement des minerais, les fonderies et le raffinage de certains métaux peuvent produire des rejets ou des résidus contenant du sélénium.

Combustion et dépôts atmosphériques

La combustion du charbon ou d’autres matières riches en sélénium peut entraîner des émissions atmosphériques qui se déposent ensuite sur les sols et les eaux.

Rejets industriels et déchets

Les industries du verre, de l’électronique, des pigments et de la métallurgie peuvent contribuer localement à sa présence dans l’environnement.

Sous quelles formes le sélénium est-il présent dans l’eau ?

Le sélénium peut exister sous plusieurs états d’oxydation. Sa forme chimique dépend notamment du pH, de la quantité d’oxygène, de l’activité microbienne et de la composition minérale de l’eau.

Forme Conditions habituelles Comportement général
Sélénate – Se(VI) Fréquent dans les eaux bien oxygénées et certains milieux alcalins. Forme souvent soluble et mobile, généralement difficile à retirer par un traitement conventionnel.
Sélénite – Se(IV) Peut être présent dans des conditions modérément oxydantes. Peut être davantage adsorbé par certains oxydes métalliques et médias filtrants.
Sélénium élémentaire – Se(0) Peut se former dans des conditions réductrices ou par activité microbienne. Généralement moins soluble et susceptible de s’associer aux particules ou aux sédiments.
Séléniures – Se(-II) Présents dans certains minerais et milieux très réducteurs. Généralement peu solubles dans de nombreuses conditions environnementales.
Formes organiques Produites ou accumulées par certains organismes vivants. Leur biodisponibilité et leur toxicité dépendent du composé concerné.

Une analyse du sélénium total ne permet pas toujours d’identifier sa forme chimique. Cette distinction peut pourtant être importante pour sélectionner le traitement le plus efficace.

Quels sont les risques d’une carence en sélénium ?

Une carence sévère en sélénium est rare dans le cadre d’une alimentation variée, mais elle peut apparaître dans certaines régions où les sols et les aliments sont particulièrement pauvres en cet élément.

Un statut insuffisant peut affecter le fonctionnement de certaines sélénoprotéines et réduire les capacités antioxydantes de l’organisme.

Une carence très importante a notamment été associée à certaines maladies observées dans des régions géographiques spécifiques, comme une forme de cardiomyopathie appelée maladie de Keshan.

La valeur réglementaire appliquée à l’eau potable vise à prévenir un excès. Elle ne signifie pas qu’il soit recommandé d’utiliser l’eau comme source principale de sélénium. Les besoins nutritionnels doivent être couverts principalement par l’alimentation.

Quels sont les risques d’un excès de sélénium ?

Une exposition excessive et prolongée peut provoquer une intoxication appelée sélénose. Les effets dépendent de la dose, de la durée d’exposition, de la forme chimique du sélénium et des autres sources alimentaires ou professionnelles.

Les manifestations rapportées peuvent comprendre :

  • une haleine ou une odeur corporelle caractéristique ;
  • un goût métallique ;
  • des nausées et troubles digestifs ;
  • une fatigue ou une irritabilité ;
  • une fragilité, une déformation ou une perte des ongles ;
  • une chute ou une fragilisation des cheveux ;
  • des modifications de la peau ;
  • des sensations anormales dans les doigts ou les orteils ;
  • des atteintes des nerfs périphériques à forte exposition ;
  • des effets possibles sur le foie ou les reins.

Une intoxication aiguë peut survenir après l’ingestion d’une quantité très importante de certains composés du sélénium, mais ce type de situation ne correspond pas aux concentrations habituellement observées dans l’eau potable.

Lorsque l’eau contient une concentration élevée de sélénium, il faut tenir compte de l’exposition totale provenant de l’alimentation, de compléments alimentaires et, le cas échéant, d’une activité professionnelle.

Quels sont les risques du sélénium pour l’environnement ?

Le sélénium est indispensable à de nombreux organismes en très faible quantité, mais il peut devenir toxique lorsque sa concentration augmente.

Dans les écosystèmes aquatiques, certaines formes peuvent être absorbées par les algues, les plantes et les micro-organismes. Le sélénium peut ensuite se transférer dans la chaîne alimentaire.

Les poissons, oiseaux aquatiques et autres organismes peuvent accumuler le sélénium provenant de leur alimentation. À concentration élevée, des effets sur la reproduction, le développement des embryons et la survie des jeunes animaux peuvent apparaître.

La gestion environnementale du sélénium ne repose donc pas uniquement sur sa concentration dans l’eau, mais aussi sur sa forme chimique, sa biodisponibilité et son transfert dans les organismes.

Quelle est la valeur du sélénium dans l’eau potable ?

Organisme ou réglementation Valeur Nature de la valeur
Union européenne 20 µg/L Valeur paramétrique prévue par la directive européenne relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
Organisation mondiale de la Santé 40 µg/L Valeur guide provisoire fondée notamment sur l’apport maximal tolérable et l’ensemble des sources d’exposition.
États-Unis – EPA 50 µg/L Maximum Contaminant Level obligatoire pour les réseaux publics d’eau potable.

20 µg/L correspondent à 0,020 mg/L, 40 µg/L à 0,040 mg/L et 50 µg/L à 0,050 mg/L.

La valeur européenne est plus restrictive que les valeurs de l’OMS et de l’EPA. Une concentration supérieure à 20 µg/L constitue donc un dépassement réglementaire en Europe, même si elle reste inférieure à 40 ou 50 µg/L.

L’OMS indique que la plupart des eaux potables contiennent moins de 10 µg/L de sélénium, sauf dans certaines zones géologiques naturellement riches en cet élément.

Comment analyser le sélénium dans l’eau ?

Le sélénium ne modifie généralement ni la couleur, ni le goût, ni l’odeur de l’eau aux concentrations pertinentes pour l’eau potable. Une analyse de laboratoire est donc indispensable.

Les méthodes utilisées peuvent notamment comprendre :

  • la spectrométrie de masse avec plasma à couplage inductif ;
  • la spectrométrie d’émission atomique ;
  • la spectrométrie d’absorption atomique avec génération d’hydrures ;
  • des méthodes permettant de différencier le sélénite et le sélénate ;
  • l’analyse du sélénium total après préparation de l’échantillon.

Le prélèvement doit être réalisé avec un récipient approprié et selon les consignes du laboratoire. Selon l’objectif, il peut être nécessaire de distinguer le sélénium dissous de la fraction associée aux particules.

Quelles technologies peuvent réduire le sélénium dans l’eau ?

Le sélénium peut être difficile à retirer par les traitements conventionnels. L’efficacité dépend fortement de sa forme chimique, notamment de la distinction entre le sélénite et le sélénate.

Les technologies employées comprennent notamment :

  • l’osmose inverse ;
  • la nanofiltration ;
  • l’adsorption sur alumine activée ;
  • l’échange d’ions avec une résine adaptée ;
  • la coagulation et la filtration dans certaines conditions ;
  • l’adsorption sur des oxydes de fer ou d’autres médias spécifiques ;
  • la réduction biologique ou chimique suivie d’une filtration ;
  • le mélange avec une ressource contenant moins de sélénium ;
  • l’utilisation d’une source d’eau alternative.

Le sélénate est souvent plus difficile à adsorber que le sélénite. Une technologie efficace contre une forme du sélénium ne présente donc pas nécessairement les mêmes performances contre toutes les autres formes.

Une simple filtration mécanique ne retire pas efficacement les formes dissoutes. Le charbon actif standard n’est pas considéré comme une solution universelle pour le sélénium.

Après installation d’un traitement, une analyse comparative avant et après filtration est recommandée. La performance doit également être contrôlée au cours de la durée de vie de la cartouche.

Essais des filtres Monderma Imperial sur le sélénium

Aucun résultat individuel Imperial confirmé à ce jour

Les documents actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer une ligne analytique Envirotek attribuant aux filtres Imperial GF ou Imperial AMB une concentration initiale, une concentration finale et un pourcentage de réduction propres au sélénium.

Il ne serait donc pas rigoureux de présenter une performance précise des filtres Imperial pour ce contaminant sans disposer du rapport détaillé correspondant.

Distinction importante : certaines analyses disponibles pour d’autres cartouches filtrantes mentionnent le sélénium, mais leurs résultats ne doivent pas être attribués aux filtres Monderma Imperial.

La présence de l’expression « métaux lourds » dans un document commercial ne suffit pas à prouver une performance individuelle sur le sélénium.

Un essai effectué selon un protocole inspiré d’une norme NSF/ANSI ne doit pas non plus être confondu avec une certification NSF officielle.

Consulter les certifications et analyses Monderma

Questions fréquentes sur le sélénium dans l’eau

Le sélénium est-il nécessaire à l’organisme ?

Oui. Le sélénium est un oligoélément essentiel qui participe notamment au fonctionnement de la thyroïde, du système immunitaire et de plusieurs enzymes antioxydantes.

Le sélénium peut-il devenir toxique ?

Oui. Une exposition excessive et prolongée peut provoquer une sélénose caractérisée notamment par des troubles digestifs, une fragilisation des cheveux et des ongles, ainsi que des effets neurologiques.

Quelle est la valeur européenne du sélénium ?

L’Union européenne fixe une valeur paramétrique de 20 µg/L, soit 0,020 mg/L.

Quelle est la valeur recommandée par l’OMS ?

L’OMS retient une valeur guide provisoire de 40 µg/L, soit 0,040 mg/L.

Quelle est la limite américaine de l’EPA ?

L’EPA fixe une limite obligatoire de 50 µg/L, soit 0,050 mg/L, pour les réseaux publics d’eau potable.

Le sélénium est-il visible dans l’eau ?

Non. Aux concentrations généralement rencontrées, il ne provoque pas nécessairement de coloration, de goût ou d’odeur identifiable.

Faire bouillir l’eau élimine-t-il le sélénium ?

Non. L’ébullition ne retire pas le sélénium dissous. L’évaporation d’une partie de l’eau peut même augmenter légèrement sa concentration.

Le charbon actif retire-t-il le sélénium ?

Pas systématiquement. L’efficacité dépend de la forme du sélénium et de la composition précise du média. Le charbon actif standard ne doit pas être considéré comme une solution garantie sans résultat d’essai.

L’osmose inverse réduit-elle le sélénium ?

L’osmose inverse peut réduire significativement différentes formes de sélénium lorsqu’elle est correctement dimensionnée, entretenue et utilisée dans les conditions prévues.

L’eau est-elle la principale source de sélénium ?

Généralement non. Pour la majorité de la population, l’alimentation représente la principale source de sélénium.

Les compléments alimentaires doivent-ils être pris en compte ?

Oui. En cas de concentration élevée dans l’eau, il faut considérer l’exposition totale provenant des aliments et des compléments alimentaires afin d’éviter un apport excessif.

Contaminants associés

Le sélénium peut être recherché avec d’autres éléments naturellement présents dans les formations géologiques ou associés aux activités minières, métallurgiques et industrielles.

Sources scientifiques et administratives

Cette fiche repose sur des organismes publics, des institutions internationales et des bases scientifiques gouvernementales. Aucun blog commercial, comparateur ou site d’affiliation n’est utilisé comme source sanitaire principale.

  • Organisation mondiale de la Santé – Sélénium Fiche officielle présentant la valeur guide provisoire de 40 µg/L, les sources d’exposition, les effets sanitaires et les technologies de traitement.
    Consulter la fiche officielle de l’OMS
  • OMS – Portail consacré au sélénium dans l’eau potable Page regroupant la fiche chimique, le document scientifique de référence et l’historique des recommandations.
    Consulter le portail de l’OMS
  • Union européenne – Directive (UE) 2020/2184 Texte officiel fixant une valeur paramétrique de 20 µg/L pour le sélénium dans l’eau destinée à la consommation humaine.
    Consulter la directive sur EUR-Lex
  • Environmental Protection Agency – Eau potable Tableau officiel des normes primaires américaines indiquant une limite de 0,05 mg/L pour le sélénium.
    Consulter les normes officielles de l’EPA
  • EPA – Fiche destinée aux consommateurs Informations sur les sources, les effets sanitaires et les principales méthodes de traitement du sélénium.
    Consulter la fiche de l’EPA
  • PubChem – National Institutes of Health Informations officielles sur le symbole Se, le numéro atomique 34, les propriétés générales et les usages du sélénium.
    Consulter la fiche PubChem
  • Monderma – Certifications et analyses de laboratoire Rapports disponibles et informations relatives aux essais de performance des filtres Monderma.
    Consulter les certifications et analyses Monderma
Avertissement sanitaire : cette fiche est fournie à titre informatif. Elle ne remplace pas une analyse réalisée par un laboratoire, les recommandations de l’autorité sanitaire compétente ni l’avis d’un professionnel de santé. En cas de dépassement confirmé, tenez compte de l’ensemble des sources d’exposition au sélénium et suivez les recommandations des autorités sanitaires.

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