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Aluminium dans l’eau : origine, traitement de l’eau, risques et filtration

L’aluminium est le métal le plus abondant de la croûte terrestre. Il est naturellement présent dans de nombreux sols, roches et minéraux et peut rejoindre les eaux de surface ou souterraines par altération naturelle. Des sels d’aluminium sont également utilisés dans les usines de production d’eau potable comme coagulants afin d’éliminer la turbidité, certaines matières organiques et des micro-organismes. Lorsque le traitement n’est pas parfaitement optimisé, une concentration résiduelle d’aluminium peut subsister dans l’eau distribuée.

Symbole chimique
Al
Numéro atomique
13
Famille
Métal
Valeur UE
200 µg/L

Qu’est-ce que l’aluminium ?

L’aluminium est un élément chimique de symbole Al et de numéro atomique 13. Il s’agit d’un métal léger, malléable et résistant à la corrosion lorsqu’une fine couche d’oxyde se forme à sa surface.

Dans la nature, l’aluminium n’est généralement pas présent sous forme métallique pure. Il se retrouve combiné à l’oxygène, au silicium, au fluor, aux sulfates et à d’autres éléments dans de nombreux minéraux.

Sa solubilité et sa mobilité dans l’eau dépendent fortement du pH, de la température, de la matière organique et des autres substances présentes.

À retenir : l’aluminium présent dans une eau peut avoir une origine naturelle, provenir du traitement de potabilisation ou être libéré par certains matériaux et produits utilisés dans le réseau.

À quoi sert l’aluminium ?

L’aluminium est très largement utilisé en raison de sa légèreté, de sa conductivité, de sa résistance à la corrosion et de sa facilité de mise en forme.

  • construction de bâtiments et d’infrastructures ;
  • fabrication de véhicules, trains, bateaux et avions ;
  • emballages alimentaires, boîtes et feuilles métalliques ;
  • câbles et équipements électriques ;
  • appareils électroniques et électroménagers ;
  • ustensiles et équipements de cuisine ;
  • produits pharmaceutiques et certains antiacides ;
  • cosmétiques et produits de soins personnels ;
  • additifs et matériaux destinés au contact alimentaire ;
  • coagulants utilisés dans le traitement de l’eau.

L’utilité industrielle ou sanitaire des composés d’aluminium ne signifie pas que toutes les formes ni toutes les concentrations présentent les mêmes caractéristiques.

Comment l’aluminium arrive-t-il dans l’eau ?

Altération naturelle des roches

L’érosion et l’altération de roches et de sols contenant de l’aluminium peuvent en libérer dans les eaux de surface et les nappes souterraines. Les eaux acides peuvent favoriser sa mobilisation.

Traitement de potabilisation

Des sels d’aluminium, comme le sulfate d’aluminium ou certains polychlorures d’aluminium, sont couramment employés comme coagulants. Une partie résiduelle peut subsister dans l’eau lorsque le dosage, le pH ou les conditions de coagulation ne sont pas optimisés.

Matériaux à base de ciment

Certains matériaux cimentaires en contact avec l’eau peuvent contribuer à la présence d’aluminium, notamment selon leur composition et les caractéristiques physico-chimiques de l’eau.

Produits chimiques utilisés dans les installations

L’aluminium peut être présent comme impureté dans certains produits chimiques employés pour ajuster le pH, traiter l’eau ou contrôler la corrosion.

Alumine activée

L’alumine activée peut être utilisée pour réduire certains contaminants, notamment l’arsenic ou les fluorures. Une utilisation ou un réglage inadapté peut entraîner une libération résiduelle d’aluminium.

Pourquoi utilise-t-on des sels d’aluminium pour traiter l’eau ?

Dans une eau brute, de nombreuses particules sont trop petites pour se déposer naturellement. L’ajout d’un coagulant à base d’aluminium permet de déstabiliser ces particules et de favoriser leur regroupement sous forme de flocs plus volumineux.

Cette étape facilite notamment la réduction :

  • de la turbidité ;
  • de la couleur ;
  • d’une partie de la matière organique naturelle ;
  • de certains précurseurs de sous-produits de désinfection ;
  • de micro-organismes associés aux particules ;
  • de certains métaux et contaminants fixés sur les matières en suspension.

Après coagulation et floculation, les flocs sont séparés par décantation, flottation ou filtration.

Chercher à diminuer au maximum l’aluminium résiduel ne doit pas conduire à réduire excessivement le dosage du coagulant. Un sous-dosage peut dégrader l’élimination de la turbidité et des micro-organismes. Le traitement doit être optimisé dans son ensemble.

Sous quelles formes l’aluminium peut-il être présent dans l’eau ?

L’aluminium peut se trouver sous forme dissoute, colloïdale ou particulaire. Il peut également être lié à des hydroxydes, à des fluorures, à des sulfates, à des phosphates ou à de la matière organique.

Forme générale Description Influence possible
Aluminium dissous Ions et complexes suffisamment petits pour traverser certains filtres analytiques. Sa concentration dépend fortement du pH et des ligands présents.
Aluminium colloïdal Très petites particules ou agrégats restant en suspension. Peut contribuer à la turbidité et compliquer l’interprétation des analyses.
Aluminium particulaire Aluminium fixé sur des matières en suspension ou présent dans des flocs. Peut être réduit par séparation mécanique lorsque les particules sont suffisamment grandes.

Le pH joue un rôle essentiel. Dans certaines conditions acides, l’aluminium peut devenir plus soluble. Il peut également être remobilisé lorsque les conditions de l’eau changent dans le réseau.

Quels sont les risques de l’aluminium pour la santé ?

L’aluminium n’est pas considéré comme un élément essentiel pour l’organisme humain. L’alimentation constitue généralement la principale source d’exposition, tandis que la contribution de l’eau potable est habituellement minoritaire.

L’OMS n’a pas fixé de valeur guide sanitaire formelle pour l’aluminium dans l’eau potable. Elle indique qu’une valeur sanitaire théorique pourrait être calculée, mais que les concentrations visées en pratique sont surtout déterminées par l’optimisation du traitement de coagulation.

Effets neurologiques étudiés

Certaines études ont recherché une association entre l’aluminium ingéré et des maladies neurologiques. Les données humaines disponibles comportent toutefois des limites méthodologiques importantes et ne permettent pas d’établir clairement une relation causale directe entre l’aluminium de l’eau potable et la maladie d’Alzheimer.

Des effets neurologiques ont été observés chez des animaux exposés à des doses élevées. Santé Canada considère le système nerveux comme un organe sensible dans son évaluation toxicologique.

Personnes présentant une insuffisance rénale sévère

L’élimination de l’aluminium absorbé s’effectue notamment par les reins. Les personnes présentant une insuffisance rénale sévère peuvent être plus sensibles à une accumulation, en particulier dans certains contextes médicaux particuliers.

Une concentration supérieure à la valeur indicatrice européenne de 200 µg/L ne signifie pas automatiquement une intoxication immédiate. Elle peut néanmoins révéler un traitement insuffisamment optimisé, une accumulation dans le réseau ou une modification de la qualité de l’eau qui doit être étudiée.

Quels sont les effets de l’aluminium sur l’environnement ?

L’aluminium est naturellement très abondant, mais sa mobilité et sa toxicité pour les organismes dépendent de sa forme chimique et du pH.

Dans les eaux acidifiées, certaines formes dissoutes peuvent devenir plus disponibles et affecter des poissons, des invertébrés et des micro-organismes. L’aluminium peut notamment perturber les branchies de certains poissons et leur capacité à réguler les échanges ioniques.

Dans des conditions moins acides, il peut précipiter ou se fixer sur les particules et les sédiments.

Quelle est la valeur de l’aluminium dans l’eau potable ?

L’Union européenne fixe pour l’aluminium une valeur de 200 microgrammes par litre. Il s’agit d’un paramètre indicateur et non d’une valeur paramétrique sanitaire équivalente à celles prévues pour le plomb, l’arsenic ou le cadmium.

Référence Valeur Nature ou précision
Union européenne 200 µg/L Paramètre indicateur permettant notamment de surveiller l’efficacité du traitement et la qualité du réseau.
Organisation mondiale de la Santé Pas de valeur guide sanitaire formelle L’OMS mentionne des niveaux praticables d’environ 0,1 mg/L dans les grandes installations et 0,2 mg/L dans les petites installations correctement exploitées.
Canada 2,9 mg/L Concentration maximale acceptable fondée sur des effets neurologiques observés chez l’animal.
Canada – recommandation opérationnelle 0,1 mg/L Valeur destinée à optimiser le traitement et à limiter l’accumulation dans le réseau.

200 µg/L correspondent à 0,2 mg/L.

Les différences entre les valeurs internationales s’expliquent par leur objectif. Certaines sont fondées sur une évaluation sanitaire, tandis que d’autres servent principalement à contrôler le fonctionnement du traitement, l’aspect de l’eau et les dépôts dans le réseau.

Comment savoir si une eau contient de l’aluminium ?

Une concentration faible ne peut pas être détectée de manière fiable par le goût ou l’odeur. Lorsque la concentration est plus élevée ou lorsque des flocs sont présents, une eau trouble, blanchâtre ou présentant des dépôts peut parfois être observée, mais ces signes ne sont pas spécifiques à l’aluminium.

Une analyse peut mesurer :

  • l’aluminium total ;
  • l’aluminium dissous ;
  • l’aluminium particulaire, calculé ou mesuré séparément ;
  • le pH et la turbidité ;
  • la matière organique ;
  • le fer, le manganèse et d’autres métaux associés ;
  • les variations entre la sortie de l’usine et le robinet.

Le protocole de prélèvement doit être défini selon l’objectif : contrôle de l’eau produite, recherche d’un dépôt dans le réseau ou étude de la qualité au robinet.

Quelles technologies peuvent réduire l’aluminium dans l’eau ?

Le choix du traitement dépend principalement de la forme de l’aluminium, du pH, de la concentration, de la turbidité et de la composition de l’eau.

Les procédés pouvant être utilisés comprennent notamment :

  • l’optimisation du dosage des coagulants et du pH dans les usines de traitement ;
  • la coagulation, la floculation, la décantation et la filtration ;
  • la filtration mécanique des formes particulaires ou colloïdales ;
  • certains médias adsorbants ou échangeurs d’ions adaptés ;
  • l’osmose inverse correctement dimensionnée ;
  • le rinçage et la gestion du réseau lorsque des dépôts sont remobilisés ;
  • la correction des conditions chimiques favorisant la dissolution ou la précipitation de l’aluminium.

Tous les filtres à charbon actif ne réduisent pas automatiquement l’aluminium dissous. Une filtration mécanique peut retenir des particules, mais elle ne garantit pas la réduction des formes ioniques ou complexées. Il faut consulter un essai spécifique au système concerné.

Lorsqu’une concentration élevée est confirmée, une analyse avant et après traitement permet de vérifier la performance dans les conditions réelles d’utilisation.

Résultat des essais Imperial pour l’aluminium

L’aluminium figure dans le tableau d’analyses de performance publié pour les filtres Monderma Imperial GF et Imperial AMB. Les essais ont été réalisés par Envirotek Laboratories aux États-Unis.

Aluminium : résultat indiqué dans le tableau Envirotek

Concentration initiale 200 µg/L
Concentration finale 2,13 µg/L
Réduction affichée 98,9 %
Les valeurs sont reproduites à partir du tableau d’analyses du laboratoire. Le rapport classe l’aluminium dans la catégorie des contaminants métalliques et exprime les concentrations en microgrammes par litre.

Vérification du résultat : le passage de 200 µg/L à 2,13 µg/L correspond mathématiquement à une réduction d’environ 98,94 %, cohérente avec la valeur arrondie de 98,9 % affichée dans le tableau.

Limite d’interprétation : le tableau synthétique ne précise pas à lui seul la proportion d’aluminium dissous, colloïdal et particulaire ni les complexes chimiques présents dans l’eau d’essai. Le résultat ne doit donc pas être extrapolé automatiquement à toutes les formes d’aluminium et à toutes les eaux.

Les performances obtenues en laboratoire correspondent aux conditions du protocole d’essai. Les résultats réels peuvent varier selon le pH, la turbidité, la composition de l’eau, la concentration initiale, le débit, le temps de contact, l’entretien et la durée d’utilisation des cartouches.

Un essai réalisé selon un protocole NSF/ANSI ne signifie pas nécessairement que le filtre complet est certifié NSF pour la réduction de l’aluminium. Les certifications officielles et les essais de performance doivent être distingués.

Consulter les certifications et analyses Monderma

Questions fréquentes sur l’aluminium dans l’eau

Pourquoi trouve-t-on de l’aluminium dans l’eau potable ?

Il peut provenir naturellement des roches et des sols. Il peut également être lié à l’emploi de sels d’aluminium comme coagulants pendant la production d’eau potable.

L’aluminium sert-il réellement à purifier l’eau ?

Oui. Des sels d’aluminium sont utilisés pour regrouper les petites particules sous forme de flocs, ce qui facilite leur décantation et leur filtration. Cette technique permet notamment de réduire la turbidité et une partie des micro-organismes.

Quelle est la valeur européenne de l’aluminium dans l’eau ?

L’Union européenne fixe une valeur de 200 µg/L. L’aluminium est classé comme paramètre indicateur, notamment pour surveiller le traitement et le fonctionnement du réseau.

L’aluminium de l’eau provoque-t-il la maladie d’Alzheimer ?

Les études humaines disponibles ne permettent pas d’établir clairement un lien causal direct entre l’aluminium présent dans l’eau potable et la maladie d’Alzheimer. Les organismes sanitaires soulignent les limites et les facteurs de confusion de ces études.

Faire bouillir l’eau élimine-t-il l’aluminium ?

Non. L’ébullition domestique ne constitue pas une méthode fiable pour retirer l’aluminium dissous. L’évaporation peut même concentrer les substances non volatiles dans le volume restant.

Un filtre mécanique suffit-il pour retirer l’aluminium ?

Il peut retenir certaines formes particulaires ou colloïdales, mais il ne garantit pas l’élimination de l’aluminium dissous. La performance dépend de la forme chimique et de la technologie employée.

Une eau blanchâtre contient-elle forcément de l’aluminium ?

Non. Une apparence blanchâtre peut être provoquée par des microbulles, du calcaire ou d’autres particules. Seule une analyse permet d’identifier l’aluminium.

Contaminants associés

L’aluminium appartient à la catégorie des métaux et éléments traces. Vous pouvez également consulter les fiches consacrées aux autres métaux susceptibles d’être présents dans l’eau.

Sources scientifiques et administratives

Cette fiche repose sur des organismes publics, des institutions internationales et des bases scientifiques gouvernementales. Aucun blog commercial, comparateur ou site d’affiliation n’est utilisé comme source sanitaire principale.

Avertissement sanitaire : cette fiche est fournie à titre informatif. Elle ne remplace pas une analyse réalisée par un laboratoire, les recommandations de l’autorité sanitaire compétente ni l’avis d’un professionnel de santé. En cas de dépassement confirmé ou de modification inhabituelle de l’eau, suivez les recommandations du distributeur et des autorités sanitaires compétentes.

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