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Mercure dans l’eau : origine, risques, réglementation et filtration

Le mercure est un élément naturellement présent dans la croûte terrestre, mais les activités humaines ont fortement contribué à sa dispersion dans l’environnement. Il peut exister sous forme métallique, sous forme de composés inorganiques ou sous forme organique, notamment le méthylmercure. Ces différentes formes n’ont pas le même comportement ni les mêmes effets sanitaires. Dans l’eau potable, la réglementation vise principalement le mercure total ou inorganique, tandis que l’exposition humaine au méthylmercure provient surtout de certains poissons et produits de la mer.

Symbole chimique
Hg
Numéro atomique
80
Famille
Métal toxique
Valeur UE
1 µg/L

Qu’est-ce que le mercure ?

Le mercure est un élément chimique de symbole Hg et de numéro atomique 80. Il s’agit d’un métal naturellement présent dans certaines roches, certains minerais et des gisements de charbon.

Le mercure métallique est liquide à température ambiante. Cette caractéristique inhabituelle a favorisé son utilisation historique dans les thermomètres, les baromètres, certains appareils de mesure et divers procédés industriels.

Le mercure est persistant : il ne disparaît pas de l’environnement. Il peut être transporté dans l’atmosphère, se déposer dans les sols et les eaux, puis changer de forme chimique sous l’action de processus naturels et biologiques.

À retenir : parler du « mercure » sans préciser sa forme chimique peut être trompeur. Le mercure métallique, le mercure inorganique et le méthylmercure présentent des voies d’exposition, des comportements et des effets différents.

Quelles sont les différentes formes de mercure ?

Forme Exemples Principales voies d’exposition Principales préoccupations
Mercure élémentaire Mercure métallique liquide Principalement inhalation de vapeurs en cas de déversement ou d’utilisation professionnelle. Effets possibles sur le système nerveux, les reins et les poumons.
Mercure inorganique Sels mercureux ou mercuriques Ingestion d’eau ou de produits contaminés, exposition professionnelle ou contact avec certains anciens produits. Atteintes rénales et effets corrosifs pour certains composés.
Mercure organique Méthylmercure, éthylmercure Principalement consommation de poissons ou d’organismes aquatiques contaminés pour le méthylmercure. Neurotoxicité et risque particulier pour le développement du système nerveux du fœtus et du jeune enfant.

La mesure du mercure total dans une eau ne donne pas toujours la répartition exacte entre ses différentes formes. Une analyse de spéciation peut être nécessaire lorsque l’origine ou la forme du contaminant doit être précisément déterminée.

À quoi sert le mercure ?

Le mercure a été utilisé dans de nombreux secteurs en raison de sa conductivité électrique, de sa dilatation régulière avec la température et de sa capacité à former des amalgames avec d’autres métaux.

  • anciens thermomètres, baromètres et appareils de mesure ;
  • certains interrupteurs, relais et équipements électriques ;
  • lampes fluorescentes et certaines lampes à décharge ;
  • anciens procédés industriels de fabrication du chlore et de la soude ;
  • amalgames utilisés dans certaines restaurations dentaires ;
  • extraction artisanale ou industrielle de l’or par amalgamation ;
  • certains anciens produits médicaux, cosmétiques ou antiseptiques ;
  • applications scientifiques et techniques spécialisées.

De nombreux usages sont aujourd’hui interdits, limités ou progressivement abandonnés dans l’Union européenne. Le mercure reste néanmoins présent dans certains appareils anciens, déchets, lampes, équipements industriels et sites contaminés.

Comment le mercure arrive-t-il dans l’eau ?

Origine géologique naturelle

Le mercure peut être libéré naturellement par l’altération de roches ou de minerais qui en contiennent. Certaines zones géologiques ou volcaniques peuvent présenter des concentrations naturellement plus élevées.

Combustion du charbon et activités industrielles

La combustion de charbon et certains procédés industriels peuvent émettre du mercure dans l’atmosphère. Celui-ci peut être transporté sur de longues distances avant de se déposer sur les sols, les lacs, les rivières et les océans.

Activités minières

L’extraction de minerais et l’utilisation du mercure pour récupérer l’or peuvent contaminer directement les sols et les cours d’eau. Cette source demeure importante dans certaines régions du monde.

Déchets et équipements contenant du mercure

Les lampes, appareils de mesure, interrupteurs et autres déchets contenant du mercure peuvent libérer ce métal lorsqu’ils sont cassés, brûlés ou éliminés dans des conditions inadaptées.

Anciens sites industriels

Certains sols, sédiments ou nappes peuvent rester contaminés longtemps après l’arrêt d’une activité industrielle utilisant du mercure.

Quels sont les risques du mercure pour la santé ?

Les effets sanitaires dépendent fortement de la forme du mercure, de la dose, de la voie d’exposition et de sa durée. Les principaux organes concernés peuvent inclure le système nerveux, les reins, le système digestif, les poumons, la peau et les yeux.

Mercure inorganique

L’ingestion de certains composés inorganiques du mercure peut affecter les reins. Certains sels inorganiques sont également corrosifs pour la peau, les yeux et le tube digestif.

Mercure métallique

Le principal risque lié au mercure métallique est l’inhalation de ses vapeurs. Une exposition importante ou répétée peut provoquer des effets neurologiques, respiratoires et rénaux.

Méthylmercure

Le méthylmercure peut traverser le placenta et affecter le développement du cerveau et du système nerveux du fœtus. La consommation de certains poissons prédateurs constitue généralement la principale source d’exposition humaine à cette forme.

Les effets associés à une exposition importante peuvent notamment inclure :

  • des troubles de la coordination et de l’équilibre ;
  • des tremblements ;
  • des troubles sensoriels ou visuels ;
  • des perturbations de la mémoire et de l’attention ;
  • une faiblesse musculaire ;
  • des atteintes rénales ;
  • des effets sur le développement neurologique du fœtus et de l’enfant.

Une valeur réglementaire dans l’eau potable ne doit pas être utilisée pour évaluer directement les risques liés au méthylmercure contenu dans les poissons. Les voies d’exposition et les formes chimiques concernées sont différentes.

Quelles populations sont les plus sensibles ?

  • les femmes enceintes ;
  • les fœtus ;
  • les nourrissons et les jeunes enfants ;
  • les personnes consommant fréquemment certaines espèces de poissons fortement accumulatrices de méthylmercure ;
  • les travailleurs exposés aux vapeurs ou aux composés du mercure ;
  • les populations vivant à proximité de sites miniers, industriels ou de zones durablement contaminées.

Les recommandations concernant la consommation de poissons dépendent de l’espèce, de sa taille, de son origine et du profil de la personne. Elles doivent être consultées auprès des autorités sanitaires compétentes.

Quels sont les effets du mercure sur l’environnement ?

Le mercure est persistant et peut circuler entre l’air, les sols, les sédiments et l’eau. Dans certains milieux aquatiques, des micro-organismes peuvent transformer une partie du mercure inorganique en méthylmercure.

Le méthylmercure peut ensuite s’accumuler dans les organismes vivants. Sa concentration augmente généralement le long de la chaîne alimentaire, un phénomène appelé biomagnification. Les poissons prédateurs situés au sommet de cette chaîne peuvent ainsi présenter des concentrations supérieures à celles de l’eau environnante.

Le mercure peut affecter la reproduction, le comportement, la croissance et la survie de poissons, d’oiseaux et d’autres organismes.

Une concentration très faible dans l’eau ne signifie pas nécessairement une absence de risque pour les écosystèmes, car certaines formes du mercure peuvent s’accumuler dans les organismes aquatiques.

Quelle est la limite du mercure dans l’eau potable ?

L’Union européenne fixe une valeur paramétrique de 1 microgramme par litre pour le mercure dans l’eau destinée à la consommation humaine.

Référence Valeur Précision
Union européenne 1 µg/L Valeur paramétrique fixée par la directive européenne relative à la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine.
Organisation mondiale de la Santé 6 µg/L Valeur guide concernant le mercure inorganique dans l’eau de boisson.
États-Unis – EPA 2 µg/L Concentration maximale réglementaire de 0,002 mg/L pour le mercure inorganique.

Les valeurs européennes, de l’OMS et de l’EPA diffèrent notamment en raison de leurs cadres réglementaires, de leurs hypothèses d’exposition et de la forme du mercure prise en compte. La valeur légalement applicable dépend du pays dans lequel l’eau est distribuée.

Comment savoir si une eau contient du mercure ?

Le mercure présent à l’état de traces ne peut généralement pas être identifié par le goût, l’odeur ou la couleur de l’eau. Une analyse de laboratoire est nécessaire.

Selon l’objectif, l’analyse peut rechercher :

  • le mercure total ;
  • le mercure dissous ;
  • le mercure inorganique ;
  • le méthylmercure ou d’autres formes organiques ;
  • le mercure associé aux matières en suspension ou aux sédiments.

Le mercure peut être présent à de très faibles concentrations. Le prélèvement, le conditionnement du flacon et la conservation de l’échantillon doivent donc être réalisés avec soin afin d’éviter une contamination ou une perte du composé avant l’analyse.

Quelles technologies peuvent réduire le mercure dans l’eau ?

Le choix du traitement dépend de la forme du mercure, de sa concentration, du pH, de la présence de matière organique et des autres constituants de l’eau.

Les procédés susceptibles d’être utilisés comprennent notamment :

  • certains médias adsorbants spécialisés ;
  • certains charbons actifs formulés ou imprégnés pour le mercure ;
  • certains échangeurs d’ions ;
  • l’osmose inverse correctement dimensionnée et entretenue ;
  • la coagulation, la précipitation et la filtration dans certaines installations collectives ;
  • le traitement ou le retrait de la source lorsque la contamination provient d’un site industriel, d’un déchet ou d’un équipement.

Tous les filtres à charbon actif ne réduisent pas nécessairement toutes les formes de mercure. Une performance doit être vérifiée pour le filtre concerné, dans des conditions d’essai définies.

Une analyse de contrôle de l’eau filtrée est recommandée lorsqu’une contamination réelle est connue. Des contrôles périodiques permettent de vérifier que le média conserve sa capacité de réduction avant son remplacement.

Résultat des essais Imperial pour le mercure

Le mercure figure dans le tableau d’analyses de performance publié pour les filtres Monderma Imperial GF et Imperial AMB. Les essais ont été réalisés par Envirotek Laboratories aux États-Unis.

Mercure : résultat indiqué dans le tableau Envirotek

Concentration initiale 6,0 µg/L
Concentration finale 0,04 µg/L
Réduction affichée 99,4 %
Les valeurs sont reproduites à partir du tableau d’analyses de laboratoire. Le rapport exprime les concentrations des métaux lourds en microgrammes par litre.

Vérification du résultat : le passage de 6,0 µg/L à 0,04 µg/L correspond mathématiquement à une réduction d’environ 99,33 %, arrondie à 99,4 % dans le tableau.

Limite d’interprétation : la ligne consacrée au mercure ne précise pas à elle seule si le composé testé était du mercure élémentaire, du mercure inorganique, du méthylmercure ou une autre forme définie. Le résultat ne doit donc pas être étendu automatiquement à toutes les formes chimiques du mercure.

Les performances obtenues en laboratoire correspondent aux conditions du protocole d’essai. Les résultats réels peuvent varier selon la composition de l’eau, le pH, la concentration initiale, le débit, le temps de contact, l’entretien et la durée d’utilisation des cartouches.

Un essai réalisé selon un protocole NSF/ANSI ne signifie pas nécessairement que le filtre complet est certifié NSF pour la réduction du mercure. Les certifications officielles et les essais de performance doivent être présentés séparément.

Consulter les certifications et analyses Monderma

Questions fréquentes sur le mercure dans l’eau

Peut-on voir ou sentir le mercure dans l’eau ?

Non. À l’état de traces, le mercure ne produit généralement ni goût, ni odeur, ni couleur permettant de détecter sa présence. Une analyse de laboratoire est nécessaire.

Le mercure présent dans l’eau est-il toujours du méthylmercure ?

Non. L’eau potable peut contenir principalement des formes inorganiques, tandis que le méthylmercure constitue surtout une préoccupation liée à son accumulation dans les poissons et autres organismes aquatiques.

Quelle est la limite européenne du mercure dans l’eau potable ?

L’Union européenne fixe une valeur paramétrique de 1 µg/L pour le mercure dans l’eau destinée à la consommation humaine.

Faire bouillir l’eau élimine-t-il le mercure ?

L’ébullition domestique ne constitue pas une méthode fiable pour éliminer le mercure dissous. La perte d’eau par évaporation peut même augmenter la concentration de certains contaminants dans le volume restant.

Le mercure peut-il s’accumuler dans les poissons ?

Oui. Une partie du mercure présent dans les milieux aquatiques peut être transformée en méthylmercure, puis s’accumuler et se concentrer dans la chaîne alimentaire.

Un filtre à charbon actif élimine-t-il toujours le mercure ?

Non. La performance dépend du type de charbon, des autres médias éventuellement associés, de la forme du mercure, de la composition de l’eau et des conditions d’utilisation. Un essai spécifique au filtre doit être consulté.

Comment vérifier qu’un filtre reste efficace ?

Lorsqu’une contamination est connue, la méthode la plus fiable consiste à analyser l’eau avant filtration puis l’eau filtrée. Des contrôles périodiques permettent de suivre la performance jusqu’au remplacement du média.

Contaminants associés

Le mercure appartient à la catégorie des métaux toxiques. Vous pouvez également consulter les autres fiches consacrées aux métaux et éléments traces susceptibles d’être présents dans l’eau.

Sources scientifiques et administratives

Cette fiche repose prioritairement sur des organismes publics, des institutions internationales et des bases scientifiques gouvernementales. Aucun blog commercial, comparateur ou site d’affiliation n’est utilisé comme source sanitaire.

Avertissement sanitaire : cette fiche est fournie à titre informatif. Elle ne remplace pas une analyse réalisée par un laboratoire, les recommandations de l’autorité sanitaire compétente ni l’avis d’un professionnel de santé. En cas de dépassement confirmé ou de suspicion d’exposition au mercure, suivez les consignes des autorités sanitaires et consultez un professionnel qualifié.

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