Nickel dans l’eau : origine, allergies, risques et filtration
Le nickel est un métal naturellement présent dans la croûte terrestre. Dans l’eau potable, il peut provenir de certaines formations géologiques, d’activités industrielles, mais aussi du contact de l’eau avec des robinets, des raccords, des revêtements métalliques ou des alliages contenant du nickel. Sa concentration peut augmenter lorsque l’eau reste longtemps en contact avec ces matériaux. Une exposition excessive est notamment susceptible de provoquer ou d’aggraver des réactions chez certaines personnes déjà sensibilisées au nickel.
- Symbole chimique
- Ni
- Numéro atomique
- 28
- Famille
- Métal de transition
- Valeur UE
- 20 µg/L
Qu’est-ce que le nickel ?
Le nickel est un élément chimique de symbole Ni et de numéro atomique 28. Il appartient à la famille des métaux de transition. À l’état pur, il se présente sous la forme d’un métal dur, blanc argenté et résistant à la corrosion.
Dans l’environnement, le nickel est généralement associé à d’autres éléments au sein de minerais, de roches et de sols. Dans l’eau, il peut être présent sous forme dissoute, associé à des particules ou lié à de la matière organique.
La forme chimique du nickel influence sa mobilité, sa biodisponibilité et la méthode de traitement nécessaire. Les composés solubles du nickel peuvent être plus facilement transportés dans l’eau que le nickel fixé sur des particules.
À retenir : la présence de nickel au robinet ne signifie pas nécessairement que la ressource en eau est contaminée. Une partie du nickel peut être libérée localement par les matériaux situés à l’intérieur du bâtiment.
À quoi sert le nickel ?
La résistance du nickel à la corrosion et aux températures élevées explique son utilisation dans de nombreux secteurs industriels.
- fabrication des aciers inoxydables ;
- production d’alliages résistants à la chaleur et à la corrosion ;
- revêtements métalliques et nickelage de surfaces ;
- fabrication de batteries rechargeables ;
- production de pièces automobiles et aéronautiques ;
- fabrication de pièces de monnaie ;
- équipements électriques et électroniques ;
- catalyseurs employés dans certains procédés chimiques ;
- robinetterie, vannes, raccords et équipements industriels ;
- fabrication de certains bijoux et objets métalliques.
Les rejets liés à l’extraction minière, à la métallurgie, au traitement de surface, à la combustion de certains combustibles et aux déchets industriels peuvent contribuer à sa présence dans l’environnement.
Comment le nickel arrive-t-il dans l’eau ?
Origine géologique
Le nickel est naturellement présent dans certaines roches et certains sols. Leur altération peut libérer de faibles quantités de nickel dans les eaux souterraines, les rivières et les réservoirs.
Activités minières et industrielles
L’extraction et le traitement des minerais, la métallurgie, la fabrication d’alliages, le traitement de surface et certaines activités chimiques peuvent contaminer localement les sols et les eaux.
Rejets urbains et déchets
Les eaux usées, les boues, les déchets électroniques, les piles et les résidus industriels peuvent également contribuer à la dispersion du nickel dans l’environnement.
Matériaux en contact avec l’eau
Dans les bâtiments, le nickel peut être libéré par des robinets, des raccords, des revêtements nickelés, certains alliages ou des équipements métalliques. Ce relargage dépend de la composition du matériau et de la chimie de l’eau.
Pourquoi la robinetterie peut-elle libérer du nickel ?
Les équipements sanitaires peuvent contenir du nickel dans leur alliage ou dans leur revêtement. Lorsque l’eau reste plusieurs heures sans circuler, le temps de contact avec les surfaces métalliques augmente. La concentration mesurée au premier prélèvement du matin peut alors être supérieure à celle de l’eau du réseau.
Le relargage peut notamment être influencé par :
- la durée de stagnation de l’eau ;
- l’âge et la qualité du robinet ou du raccord ;
- l’état du revêtement métallique ;
- le pH de l’eau ;
- la température ;
- la concentration en chlorures ;
- la dureté et l’alcalinité de l’eau ;
- la présence d’autres métaux dans l’installation.
Après une longue période de stagnation, laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle devienne sensiblement plus fraîche peut réduire l’exposition aux métaux relargués localement. L’eau ainsi écoulée peut être récupérée pour le nettoyage ou l’arrosage.
Une concentration élevée uniquement dans le premier prélèvement, mais faible après écoulement, oriente généralement vers une origine située dans la robinetterie ou l’installation intérieure.
L’acier inoxydable libère-t-il du nickel dans l’eau ?
De nombreux aciers inoxydables contiennent du nickel, associé notamment au fer et au chrome. Cette composition améliore leur résistance à la corrosion et leur stabilité.
Un acier inoxydable de qualité, adapté au contact avec l’eau et utilisé dans des conditions normales, possède une couche passive protectrice qui limite fortement le relargage des métaux. La présence de nickel dans l’alliage ne signifie donc pas que celui-ci sera libéré en quantité importante.
Un relargage peut toutefois être favorisé par un matériau inadapté, une surface endommagée, une forte acidité, une concentration élevée en chlorures, l’emploi de produits corrosifs ou des conditions d’utilisation anormales.
Il ne faut pas confondre la présence de nickel dans la composition d’un acier inoxydable avec une contamination automatique de l’eau. Seule une analyse de l’eau permet de déterminer la quantité effectivement libérée.
Quels sont les risques du nickel pour la santé ?
Les effets du nickel dépendent de sa forme chimique, de la dose absorbée, de la durée d’exposition et de la sensibilité individuelle.
Pour l’exposition par ingestion, les effets critiques étudiés comprennent notamment les réactions cutanées chez les personnes déjà sensibilisées et, à des doses plus importantes, différents effets généraux observés dans les études toxicologiques.
Une exposition ponctuelle à une très forte quantité de sels solubles de nickel peut provoquer des troubles digestifs, tels que des nausées, des douleurs abdominales, des vomissements ou des diarrhées.
Les concentrations habituellement observées dans l’eau potable sont très inférieures aux doses associées à une intoxication aiguë. La gestion du risque concerne surtout une exposition répétée, un dépassement confirmé ou une personne particulièrement sensible.
Quel est le lien entre le nickel et les allergies ?
Le nickel est l’une des causes les plus fréquentes d’allergie de contact. La sensibilisation survient généralement après un contact cutané répété avec des objets contenant ou libérant du nickel, par exemple certains bijoux, boutons, montres ou accessoires métalliques.
Chez une personne sensibilisée, l’ingestion d’une quantité suffisante de nickel peut parfois déclencher ou aggraver des manifestations cutanées. Cette réaction est parfois désignée sous le nom de dermatite systémique de contact au nickel.
Les manifestations possibles comprennent :
- eczéma ou aggravation d’un eczéma existant ;
- rougeurs ;
- démangeaisons ;
- lésions cutanées sur les mains ou d’autres parties du corps ;
- réactivation de zones précédemment atteintes.
Une allergie cutanée au nickel ne signifie pas automatiquement que l’eau potable provoquera une réaction. La réponse dépend de la quantité ingérée et de la sensibilité propre à chaque personne. Un diagnostic et un éventuel régime pauvre en nickel doivent être encadrés par un professionnel de santé.
Le nickel présent dans l’eau est-il cancérogène ?
Certains composés du nickel sont reconnus comme cancérogènes dans le contexte d’expositions professionnelles, principalement par inhalation de poussières, de fumées ou d’aérosols contenant du nickel.
Ces données ne doivent pas être directement transposées à l’ingestion de faibles concentrations dans l’eau potable. La voie d’exposition, la forme chimique, la dose et les organes exposés sont différents.
La valeur guide de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’eau potable est fondée sur les effets liés à l’exposition orale et non sur les risques professionnels associés à l’inhalation.
Distinction importante : dire que certains composés du nickel peuvent être cancérogènes par inhalation professionnelle ne signifie pas qu’une eau contenant une faible trace de nickel présente automatiquement le même risque.
Quels sont les risques du nickel pour l’environnement ?
Le nickel est naturellement présent dans les sols et les sédiments. Une concentration excessive peut toutefois devenir toxique pour certains organismes aquatiques, végétaux et micro-organismes.
Sa mobilité dépend notamment du pH, de la composition minérale, de la matière organique et des conditions d’oxydoréduction. Dans les eaux plus acides, le nickel peut devenir davantage soluble et biodisponible.
Il peut s’accumuler dans les sédiments ou être absorbé par certains organismes. Les effets écotoxicologiques varient selon les espèces et la dureté de l’eau.
Quelle est la valeur du nickel dans l’eau potable ?
| Organisme ou réglementation | Valeur | Interprétation |
|---|---|---|
| Union européenne | 20 µg/L | Valeur paramétrique obligatoire prévue par la directive européenne relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. |
| Organisation mondiale de la Santé | 70 µg/L | Valeur guide sanitaire pour le nickel dans l’eau potable. |
| États-Unis – EPA | Aucune limite fédérale obligatoire en vigueur | L’ancienne limite de 0,1 mg/L a été annulée par une décision judiciaire en 1995. Certains documents historiques de l’EPA la mentionnent encore mais précisent qu’elle n’est plus applicable. |
20 µg/L correspondent à 0,020 mg/L et 70 µg/L à 0,070 mg/L.
La valeur européenne est plus restrictive que la valeur guide de l’OMS. Une concentration située entre 20 et 70 µg/L peut donc dépasser la valeur réglementaire européenne, même si elle reste inférieure à la valeur guide de l’OMS.
Comment analyser le nickel dans l’eau ?
Le nickel ne peut pas être identifié de manière fiable par la couleur, le goût ou l’odeur de l’eau. Une analyse par un laboratoire compétent est nécessaire.
Des techniques telles que la spectrométrie de masse avec plasma à couplage inductif ou la spectrométrie d’absorption atomique permettent de mesurer de très faibles concentrations.
Lorsque l’origine liée à la robinetterie est suspectée, plusieurs types de prélèvements peuvent être utiles :
- un prélèvement du premier jet après plusieurs heures de stagnation ;
- un prélèvement après écoulement de l’eau ;
- un prélèvement directement sur l’eau distribuée en amont du bâtiment ;
- une comparaison entre plusieurs robinets ;
- une mesure avant et après le dispositif de filtration.
La comparaison des résultats permet de déterminer si le nickel provient principalement de la ressource, du réseau public, de l’installation intérieure ou d’un équipement particulier.
Quelles technologies peuvent réduire le nickel dans l’eau ?
Le traitement dépend de la concentration, de la forme chimique du nickel, du pH, de la dureté de l’eau et de la présence d’autres contaminants.
Les technologies susceptibles d’être utilisées comprennent :
- l’adsorption sur des médias adaptés ;
- l’échange d’ions ;
- l’osmose inverse ;
- la nanofiltration ;
- la précipitation chimique dans les installations collectives ;
- la coagulation suivie d’une filtration ;
- certains médias combinant charbon actif, minéraux et échange ionique ;
- le remplacement de la robinetterie lorsqu’elle constitue la source.
Le charbon actif standard est principalement utilisé pour les composés organiques, le chlore, les goûts et les odeurs. Son efficacité envers le nickel dissous dépend fortement de sa formulation et des médias complémentaires présents dans la cartouche.
Une cartouche ne doit être considérée comme efficace contre le nickel que si cette performance est appuyée par un rapport d’essai clairement identifiable. La mention générale « réduit les métaux lourds » ne permet pas, à elle seule, de connaître la performance sur le nickel.
Après l’installation d’un traitement, une analyse comparative avant et après filtration constitue la meilleure façon de vérifier son efficacité dans les conditions réelles d’utilisation.
Essais des filtres Monderma Imperial sur le nickel
Le nickel figure parmi les métaux lourds étudiés dans les documents de performance des filtres Monderma Imperial GF et Imperial AMB, testés par Envirotek Laboratories aux États-Unis selon des protocoles de performance inspirés des normes NSF/ANSI 42 et 53.
Nickel : contaminant inclus dans les essais de performance
Les documents synthétiques disponibles regroupent le nickel avec le plomb, le mercure, le cadmium, l’arsenic, le chrome, l’aluminium, le cuivre, le fer, le zinc et le manganèse.
La plage générale présentée pour les métaux étudiés est comprise entre 95 et 99,9 % de réduction, selon le contaminant et les conditions du test.
Cette plage collective ne doit pas être présentée comme le taux individuel exact du nickel tant que la ligne analytique détaillée indiquant sa concentration initiale et sa concentration finale n’a pas été vérifiée.
Interprétation prudente : le nickel est bien mentionné parmi les substances testées, mais une plage de performance regroupant plusieurs métaux ne permet pas d’attribuer automatiquement la valeur minimale, maximale ou moyenne au nickel.
Les performances obtenues en laboratoire peuvent varier dans une eau réelle selon la concentration initiale, le pH, la dureté, le débit, le temps de contact, les contaminants concurrents, l’entretien et l’état d’usure de la cartouche.
Un essai réalisé selon des protocoles NSF/ANSI ne signifie pas nécessairement que le filtre complet bénéficie d’une certification NSF officielle pour la réduction du nickel. Les essais de performance et les certifications doivent être distingués.
Consulter les certifications et analyses MondermaQuestions fréquentes sur le nickel dans l’eau
Quelle est la limite européenne du nickel dans l’eau ?
La directive européenne fixe une valeur paramétrique de 20 µg/L, soit 0,020 mg/L.
Quelle est la valeur guide de l’OMS ?
L’Organisation mondiale de la Santé retient une valeur guide de 70 µg/L, soit 0,070 mg/L.
L’EPA fixe-t-elle une limite obligatoire pour le nickel ?
Non. L’ancienne limite fédérale américaine de 0,1 mg/L a été annulée en 1995. Certains anciens documents de l’EPA la mentionnent encore, mais précisent qu’elle n’est plus juridiquement applicable.
La robinetterie peut-elle contaminer l’eau en nickel ?
Oui. Certains robinets, raccords ou revêtements métalliques peuvent libérer du nickel, en particulier lorsque l’eau reste longtemps stagnante.
Faut-il laisser couler l’eau le matin ?
Après plusieurs heures de stagnation, laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle devienne plus fraîche peut réduire la quantité de métaux provenant de l’installation intérieure. L’eau écoulée peut être récupérée pour un autre usage.
L’acier inoxydable libère-t-il forcément du nickel ?
Non. Un inox de qualité possède une couche passive qui limite fortement le relargage. La quantité libérée dépend du type d’alliage, de l’état de la surface et de la composition de l’eau.
Le nickel présent dans l’eau peut-il provoquer de l’eczéma ?
Chez certaines personnes déjà sensibilisées au nickel, une ingestion suffisante peut parfois déclencher ou aggraver des manifestations cutanées. Toutes les personnes allergiques ne réagissent toutefois pas aux faibles concentrations présentes dans l’eau.
Faire bouillir l’eau élimine-t-il le nickel ?
Non. L’ébullition ne retire pas le nickel dissous. L’évaporation d’une partie de l’eau peut même légèrement concentrer les substances qui ne s’évaporent pas.
Peut-on détecter le nickel au goût ou à la couleur ?
Non. Une eau claire, sans goût ni odeur particulière, peut contenir du nickel. Une analyse de laboratoire est nécessaire.
Un filtre à charbon actif retire-t-il le nickel ?
Pas systématiquement. L’efficacité dépend de la formulation du média, de la présence de résines ou de minéraux complémentaires, du pH et du temps de contact. Il faut vérifier les résultats d’essais propres à la cartouche.
Comment savoir si le nickel vient du robinet ?
Il est possible de comparer un prélèvement du premier jet après stagnation avec un prélèvement réalisé après plusieurs minutes d’écoulement. Une baisse importante peut indiquer une origine située dans la robinetterie ou l’installation intérieure.
Contaminants associés
Le nickel peut être recherché avec d’autres métaux provenant des sols, des activités industrielles, des canalisations ou des alliages métalliques.
Sources scientifiques et administratives
Cette fiche repose sur des organismes publics, des institutions internationales et des bases scientifiques gouvernementales. Aucun blog commercial, comparateur ou site d’affiliation n’est utilisé comme source sanitaire principale.
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Organisation mondiale de la Santé – Nickel
Fiche officielle présentant la valeur guide, les sources de nickel dans
l’eau, les effets sanitaires et les procédés de traitement.
Consulter la fiche officielle de l’OMS -
OMS – Nickel dans l’eau potable
Document scientifique de référence consacré à l’exposition, la
toxicologie, l’analyse et au traitement du nickel.
Consulter le document scientifique de l’OMS -
Union européenne – Directive (UE) 2020/2184
Texte officiel fixant une valeur paramétrique de 20 µg/L pour le nickel
dans les eaux destinées à la consommation humaine.
Consulter la directive sur EUR-Lex -
Environmental Protection Agency – Nickel
Fiche technique historique précisant que l’ancienne limite fédérale
américaine a été annulée en 1995 et qu’aucune limite fédérale
obligatoire n’est actuellement en vigueur.
Consulter la fiche technique de l’EPA -
PubChem – National Institutes of Health
Données officielles sur le symbole, le numéro atomique, les propriétés
et les usages du nickel.
Consulter la fiche PubChem -
Monderma – Certifications et analyses de laboratoire
Rapports, documents de performance et informations relatives aux
filtres Monderma Imperial.
Consulter les certifications et analyses Monderma