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Legionella dans l’eau : origine, risques, analyse et prévention

Les légionelles sont des bactéries naturellement présentes à faible concentration dans les milieux aquatiques. Elles peuvent se multiplier dans certains réseaux et équipements contenant de l’eau, notamment lorsque la température, la stagnation, les dépôts et les biofilms leur sont favorables. Le principal risque sanitaire n’est pas l’ingestion ordinaire de l’eau, mais l’inhalation de fines gouttelettes contaminées ou, plus rarement, l’aspiration d’eau dans les voies respiratoires.

NatureBactérie aquatique
Espèce principaleLegionella pneumophila
Voie d’expositionAérosols et aspiration
MaladiesLégionellose et fièvre de Pontiac

À retenir : la présence de Legionella concerne surtout les installations qui produisent des aérosols, comme les douches, bains à remous, fontaines décoratives, humidificateurs ou tours aéroréfrigérantes. Boire une eau contaminée n’est pas la voie habituelle de transmission.

Qu’est-ce que Legionella ?

Legionella est un genre de bactéries à Gram négatif comprenant de nombreuses espèces. Elles vivent dans l’eau douce et peuvent coloniser les installations artificielles lorsque les conditions sont favorables.

Legionella pneumophila est l’espèce la plus souvent associée aux cas et aux épidémies de légionellose d’origine hydrique. D’autres espèces peuvent aussi provoquer une maladie, mais elles sont moins fréquemment identifiées.

Terme Signification Utilité
Legionella spp. Ensemble des espèces du genre Legionella Apprécie la colonisation globale d’une installation
Legionella pneumophila Espèce la plus fréquemment responsable de légionellose Paramètre réglementaire central dans plusieurs cadres français
Sérogroupe 1 Sous-groupe de L. pneumophila fréquemment impliqué dans les cas humains Peut être précisé dans certaines investigations
Légionellose Terme regroupant les infections dues aux légionelles Comprend la maladie des légionnaires et la fièvre de Pontiac

Un résultat exprimé en Legionella spp. ne doit donc pas être automatiquement interprété comme un résultat en L. pneumophila. Il faut toujours vérifier le paramètre exact demandé et l’unité utilisée par le laboratoire.

Où trouve-t-on naturellement les légionelles ?

Les légionelles sont présentes dans les eaux douces naturelles, notamment les lacs, rivières, torrents, sources et sols humides. Dans ces milieux, elles sont généralement retrouvées à de faibles concentrations.

Le risque augmente surtout lorsque les bactéries pénètrent dans un système artificiel qui leur offre de meilleures conditions de multiplication : température favorable, faible renouvellement de l’eau, surfaces internes, corrosion, tartre, boues, biofilms et présence de micro-organismes hôtes.

Présence naturelle ne signifie pas danger immédiat : la maladie dépend de la concentration, de la formation d’aérosols, de la virulence de la souche, de la durée d’exposition et de la sensibilité de la personne exposée.

Quelles conditions favorisent la prolifération de Legionella ?

L’OMS indique que Legionella peut vivre et se multiplier dans les systèmes d’eau entre environ 20 et 50 °C, avec une zone particulièrement favorable autour de 35 °C. Le risque ne dépend toutefois jamais de la température seule.

  • température de l’eau située dans une plage favorable ;
  • stagnation ou faible renouvellement ;
  • bras morts, canalisations surdimensionnées ou points peu utilisés ;
  • biofilms sur les parois internes ;
  • dépôts de tartre, boues, sédiments ou produits de corrosion ;
  • affaiblissement du résiduel désinfectant ;
  • mélange d’eau chaude et froide dans certaines zones du réseau ;
  • maintenance insuffisante des ballons, pommeaux de douche et équipements.
Facteur Effet possible Surveillance utile
Température Multiplication ou survie selon la plage rencontrée Mesures à la production, au retour de boucle et aux points d’usage
Stagnation Diminution du désinfectant et réchauffement de l’eau froide Fréquence d’usage, âge de l’eau et purges
Biofilm Protection et apport nutritif Inspection, entretien et historique des analyses
Sédiments Création de niches et consommation du désinfectant Vidange et nettoyage des stockages
Débit insuffisant Zones mal renouvelées Équilibrage hydraulique et températures de boucle

Pourquoi les biofilms jouent-ils un rôle important ?

Un biofilm est une communauté de micro-organismes fixée sur une surface et entourée d’une matrice protectrice. Les canalisations, joints, pommeaux, flexibles, réservoirs et surfaces internes peuvent héberger ces communautés.

Les légionelles peuvent survivre et se multiplier à l’intérieur de certains protozoaires libres, notamment des amibes. Ce mécanisme les protège partiellement contre des conditions défavorables et contribue à leur persistance dans les réseaux.

Une désinfection ponctuelle peut réduire fortement les concentrations sans éliminer durablement toutes les niches. La prévention repose donc sur la conception, la température, le renouvellement de l’eau, l’entretien et la surveillance, et non sur un traitement unique.

Comment une personne peut-elle être exposée ?

La voie la plus courante est l’inhalation d’aérosols contaminés : de très petites gouttelettes produites par une douche, un jet, une pulvérisation, une nébulisation ou un équipement générant un brouillard.

Une infection peut aussi survenir par aspiration, lorsque de l’eau ou de la glace contaminée passe accidentellement vers les poumons, notamment chez certains patients hospitalisés ou personnes ayant des troubles de déglutition.

Boisson et transmission : l’ingestion ordinaire d’eau n’est pas considérée comme la voie habituelle de légionellose. La transmission directe entre personnes n’est pas reconnue comme mode courant.

Quels équipements peuvent produire des aérosols contaminés ?

  • douches et douchettes ;
  • bains à remous, spas et jets d’hydromassage ;
  • tours aéroréfrigérantes et condenseurs évaporatifs ;
  • fontaines décoratives et dispositifs de brumisation ;
  • humidificateurs et certains appareils respiratoires ;
  • équipements utilisant de l’eau tiède ou recyclée ;
  • réseaux d’eau chaude sanitaire mal équilibrés ou insuffisamment entretenus ;
  • réseaux d’eau froide dont la température s’élève durablement.

Tous ces équipements n’entraînent pas le même niveau de risque. Il faut prendre en compte la température, la quantité d’aérosols, la distance de dispersion, la fréquence d’utilisation, la qualité de l’entretien et les populations exposées.

Quels sont les effets des légionelles sur la santé ?

Maladie des légionnaires

Il s’agit d’une pneumonie qui peut être grave. L’incubation est généralement de 2 à 10 jours, avec des durées plus longues observées dans certains épisodes. Les symptômes peuvent inclure fièvre, toux, difficultés respiratoires, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête, troubles digestifs ou confusion.

Un traitement antibiotique est nécessaire. La gravité dépend de l’âge, des maladies associées, de l’état immunitaire, de la rapidité du diagnostic et de la prise en charge.

Fièvre de Pontiac

Cette forme non pulmonaire ressemble à un syndrome grippal aigu. Elle apparaît plus rapidement, guérit généralement spontanément en quelques jours et n’est pas associée à une pneumonie.

Diagnostic médical : les symptômes d’une légionellose ne permettent pas de l’identifier sans examens. Une pneumonie, surtout après une exposition possible à des aérosols d’eau, nécessite un avis médical rapide.

Quelles personnes présentent un risque plus élevé ?

  • les personnes de plus de 50 ans ;
  • les fumeurs actuels ou anciens ;
  • les personnes atteintes d’une maladie respiratoire chronique ;
  • les personnes immunodéprimées ;
  • les patients atteints d’un cancer ou recevant certains traitements ;
  • les personnes souffrant d’une maladie rénale ou d’autres maladies chroniques ;
  • les personnes récemment opérées, intubées ou ventilées ;
  • les patients exposés à un risque d’aspiration.

Dans les établissements de santé, certains points d’usage sont soumis à des exigences renforcées lorsqu’ils sont accessibles à des patients identifiés comme particulièrement vulnérables.

Quel est le cadre européen concernant Legionella ?

La directive (UE) 2020/2184 introduit une évaluation des risques liés aux installations intérieures de distribution d’eau. Elle fixe pour Legionella une valeur paramétrique de < 1 000 UFC/L, destinée à l’application de ses dispositions sur les réseaux intérieurs et les mesures correctives.

Cette valeur européenne doit être interprétée dans son contexte réglementaire : elle ne signifie pas que toute eau contenant moins de 1 000 UFC/L est sans risque pour toutes les personnes et tous les usages. Les mesures doivent être adaptées aux bâtiments prioritaires, aux équipements, aux populations exposées et aux résultats de l’évaluation des risques.

Élément européen Disposition Précision
Valeur paramétrique Legionella < 1 000 UFC/L Application des articles relatifs aux installations intérieures
Méthode de conformité EN ISO 11731 Méthode par culture
Méthodes complémentaires Q-PCR, méthodes rapides ou autres approches Utilisables pour une surveillance fondée sur les risques, selon le contexte
Approche Évaluation et gestion des risques De l’installation intérieure jusqu’aux points d’usage

Quelles règles s’appliquent en France ?

Réseaux collectifs d’eau chaude sanitaire

L’arrêté du 1er février 2010 s’applique notamment aux installations collectives d’eau chaude sanitaire desservant des points d’usage à risque dans les établissements de santé, établissements sociaux et médico-sociaux, établissements pénitentiaires, hôtels, résidences de tourisme, campings et autres établissements recevant du public.

Le dénombrement en Legionella pneumophila doit être inférieur à 1 000 UFC/L à tous les points d’usage à risque concernés. Dans les établissements de santé, il doit être inférieur à la limite de détection aux points accessibles à des patients identifiés comme particulièrement vulnérables.

Installations intérieures d’eau froide

L’arrêté du 30 décembre 2022 relatif à l’évaluation des risques liés aux installations intérieures de distribution prévoit, dans son annexe, un objectif inférieur à la limite de détection pour Legionella, une limite de qualité de 1 000 UFC/L pour L. pneumophila et une référence de qualité de 1 000 UFC/L pour Legionella spp., dans le cadre de cette évaluation.

Champ d’application : les seuils français ne doivent pas être copiés hors contexte. Ils concernent des installations, des catégories de bâtiments et des démarches de surveillance précises.

Comment effectuer un prélèvement pour rechercher Legionella ?

Le prélèvement doit être réalisé selon une stratégie définie à partir de l’installation et de l’objectif : surveillance régulière, diagnostic d’un réseau, contrôle après travaux, dépassement, investigation de cas ou validation de mesures correctives.

  1. identifier précisément le point et le réseau concernés ;
  2. documenter le type d’échantillon : premier jet ou après écoulement ;
  3. mesurer la température selon le protocole retenu ;
  4. noter la durée depuis la dernière utilisation ;
  5. utiliser le flacon et le neutralisant fournis par le laboratoire ;
  6. éviter toute contamination croisée ;
  7. respecter les conditions de transport et les délais ;
  8. assurer une traçabilité complète du prélèvement.

Le choix entre un prélèvement de premier jet et un prélèvement après écoulement modifie la question posée. Le premier peut mieux refléter la contamination locale du point d’usage, tandis qu’un prélèvement après écoulement peut davantage représenter le réseau en amont.

La réglementation française cite la norme NF T90-431 pour la recherche et le dénombrement, ainsi que le guide FD T 90-522 et la norme NF EN ISO 19458 pour l’échantillonnage microbiologique.

Comment Legionella est-elle analysée en laboratoire ?

Culture

La méthode de référence repose sur la culture. L’échantillon est traité puis ensemencé sur des milieux adaptés. Après incubation, les colonies suspectes sont confirmées et dénombrées. Le résultat est généralement exprimé en UFC/L, unités formant colonie par litre.

Q-PCR

La PCR quantitative recherche du matériel génétique et peut fournir un résultat plus rapidement. Elle peut détecter des bactéries qui ne formeraient pas de colonies dans les conditions de culture. Son résultat, souvent exprimé en unités génome, n’est pas directement interchangeable avec un résultat en UFC/L.

Méthode Résultat habituel Avantage Limite
Culture UFC/L Référence réglementaire pour de nombreux contrôles Délai de plusieurs jours et bactéries cultivables seulement
Q-PCR Unités génome/L Rapidité et détection moléculaire Ne démontre pas directement la capacité à se multiplier
Typage Profil de souche Comparaison environnement-clinique lors d’une investigation Nécessite une expertise spécialisée

Il faut toujours vérifier l’espèce recherchée, la méthode, la limite de détection, la limite de quantification, le volume analysé et l’unité rapportée.

Comment interpréter un résultat Legionella ?

Un résultat doit être interprété avec le plan du réseau, la température, le point de prélèvement, le protocole, l’historique et la population exposée. Une valeur isolée ne décrit pas à elle seule toute l’installation.

Résultat inférieur à la limite de détection

Cela signifie qu’aucune colonie n’a été détectée au-dessus des capacités de la méthode dans l’échantillon. Cela ne garantit pas une absence absolue dans tout le réseau.

Résultat positif

Il peut révéler une colonisation locale ou plus étendue. Des prélèvements complémentaires, l’examen des températures, la recherche de stagnation et l’inspection de l’installation peuvent être nécessaires.

Dépassement réglementaire

Dans les installations soumises à l’arrêté du 1er février 2010, un dépassement impose des mesures correctives sans délai, la protection des usagers et la vérification de l’efficacité des mesures par de nouvelles analyses.

Comment la température aide-t-elle à maîtriser Legionella ?

La gestion thermique constitue une barrière essentielle. L’OMS recommande de maintenir l’eau chaude au-dessus de 50 °C dans le réseau, avec une sortie de production d’au moins 60 °C, et de maintenir l’eau froide sous 25 °C, idéalement sous 20 °C, lorsque cela est techniquement possible.

Ces objectifs doivent être conciliés avec la prévention des brûlures. Des dispositifs de mélange peuvent être nécessaires au plus près des points d’usage, sans créer de volumes tièdes stagnants.

Risque de brûlure : ne modifiez pas arbitrairement la température d’une installation collective et ne réalisez pas de choc thermique sans procédure professionnelle. Les mesures de maîtrise doivent être conçues, documentées et sécurisées.

Pourquoi faut-il limiter la stagnation ?

Lorsque l’eau reste longtemps immobile, sa température peut se rapprocher de la zone favorable à Legionella, le désinfectant résiduel peut diminuer et les biofilms peuvent se développer.

  • supprimer ou réduire les bras morts ;
  • dimensionner correctement les canalisations et stockages ;
  • équilibrer les boucles d’eau chaude ;
  • identifier les points rarement utilisés ;
  • mettre en place des purges documentées ;
  • contrôler les bâtiments après une fermeture prolongée ;
  • éviter les équipements inutilisés restant remplis d’eau.

Le simple écoulement ponctuel d’un robinet ne corrige pas une mauvaise conception, un ballon encrassé, un réseau déséquilibré ou une colonisation étendue.

Quel rôle joue l’entretien des installations ?

L’entretien réduit les dépôts, le tartre, les sédiments et les niches microbiologiques. Il doit concerner la production, le stockage, les boucles, les points terminaux et les équipements produisant des aérosols.

  • inspecter et nettoyer les ballons selon le plan de maintenance ;
  • détartrer et nettoyer les pommeaux, flexibles et aérateurs ;
  • remplacer les composants dégradés ou difficiles à nettoyer ;
  • surveiller les températures et leur stabilité ;
  • tenir un fichier sanitaire dans les établissements concernés ;
  • documenter les travaux, désinfections et résultats d’analyse ;
  • contrôler l’efficacité des mesures correctives.

Un entretien excessivement agressif ou mal maîtrisé peut endommager les matériaux, favoriser la corrosion ou créer de nouveaux déséquilibres. Les opérations doivent respecter les prescriptions techniques et sanitaires.

Quels traitements peuvent réduire Legionella ?

Les stratégies peuvent associer gestion thermique, désinfectants chimiques, nettoyage, purge, filtration et correction hydraulique. Aucun traitement unique ne garantit une maîtrise durable sans contrôle du réseau.

Mesure Rôle Limites
Maintien thermique Rend le réseau moins favorable à la multiplication Équilibrage, énergie et risque de brûlure
Désinfection chimique Réduit les bactéries dans l’eau et sur certaines surfaces Dosage, sous-produits, corrosion et pénétration imparfaite des biofilms
Nettoyage physique Retire dépôts et niches Intervention technique et possible remise en suspension
UV sur une ligne Inactive les bactéries traversant le réacteur Aucun effet résiduel dans le réseau en aval
Correction hydraulique Améliore le renouvellement et les températures Peut exiger des travaux importants

Le CDC souligne qu’aucune mesure isolée ne suffit à garantir la maîtrise de Legionella dans un réseau d’eau potable. Un programme de gestion doit combiner plusieurs barrières et vérifier leur efficacité.

La filtration au point d’usage protège-t-elle contre Legionella ?

Dans certains établissements de santé, des filtres microbiologiques terminaux validés peuvent être utilisés comme barrière temporaire ou ciblée aux points d’usage destinés à des patients très vulnérables.

Leur efficacité dépend de la membrane, de l’intégrité du dispositif, de la pose, de la durée d’utilisation et du remplacement. Ils ne traitent pas le biofilm ni la colonisation du réseau situé en amont.

Absence de résultat spécifique : aucune performance contre Legionella ne peut être déduite de la seule présence de charbon actif, de céramique, d’argent ou d’un média filtrant. Une allégation doit reposer sur un essai microbiologique adapté au dispositif complet.

Un filtre mal entretenu peut devenir une zone de stagnation ou de développement microbiologique. Il ne doit jamais être présenté comme une solution autonome à un réseau contaminé.

Comment réduire le risque dans une habitation ?

  • faire couler l’eau chaude et l’eau froide des points peu utilisés au moins une fois par semaine ;
  • purger les points d’eau après une absence prolongée avant de prendre une douche ;
  • nettoyer et détartrer régulièrement les pommeaux et flexibles ;
  • éviter les réglages durablement tièdes dans le stockage d’eau chaude ;
  • faire entretenir le ballon et vérifier son bon fonctionnement ;
  • supprimer les équipements inutilisés retenant de l’eau ;
  • demander conseil à un professionnel en cas de réseau complexe ou de température instable.

Dans un logement individuel, une analyse n’est pas systématiquement nécessaire. Elle peut être pertinente en présence d’une personne très vulnérable, d’un équipement à risque, d’une suspicion liée à un cas ou d’un problème persistant du réseau.

Quelles mesures sont essentielles dans les établissements ?

Les établissements concernés doivent organiser une surveillance structurée : connaissance du réseau, stratégie d’échantillonnage, mesures de température, analyses, maintenance, traçabilité et procédures en cas de dépassement.

  • tenir à jour les plans de réseau ;
  • identifier les points d’usage à risque et les usagers vulnérables ;
  • suivre la production, le stockage et les retours de boucle ;
  • planifier les prélèvements réglementaires ;
  • préparer la remise en service après fermeture ;
  • former les équipes techniques ;
  • conserver les résultats et actions dans le fichier sanitaire ;
  • coordonner les mesures avec l’ARS lorsqu’un cas est signalé.

Que faire en cas de dépassement ou de cas suspect ?

  1. protéger immédiatement les usagers exposés, surtout les personnes vulnérables ;
  2. limiter ou suspendre les usages produisant des aérosols selon l’évaluation ;
  3. informer les responsables sanitaires et techniques compétents ;
  4. examiner les températures, débits, boucles, stockages et événements récents ;
  5. mettre en œuvre des mesures correctives adaptées ;
  6. réaliser des prélèvements complémentaires si nécessaire ;
  7. vérifier l’efficacité des actions par de nouvelles analyses ;
  8. documenter toutes les décisions et opérations.

Une désinfection improvisée peut exposer aux brûlures, aux produits chimiques ou à une remise en suspension des dépôts. La conduite à tenir doit être définie par des professionnels et, lorsque nécessaire, avec l’autorité sanitaire.

Questions fréquentes sur Legionella dans l’eau

Legionella est-elle présente dans l’eau du robinet ?

Elle peut être présente à faible concentration dans l’eau et coloniser certains réseaux intérieurs. Le risque dépend surtout de sa multiplication, de la production d’aérosols et de la sensibilité des personnes exposées.

Peut-on attraper la légionellose en buvant de l’eau ?

L’ingestion ordinaire n’est pas la voie habituelle. Le risque principal est l’inhalation d’aérosols contaminés ou l’aspiration d’eau vers les poumons.

Une douche peut-elle transmettre Legionella ?

Oui, si le réseau est colonisé et que la douche produit des aérosols contenant suffisamment de bactéries. Le risque est plus élevé chez les personnes vulnérables.

Quelle température favorise Legionella ?

L’OMS indique une multiplication possible entre environ 20 et 50 °C, avec une zone optimale proche de 35 °C. D’autres facteurs comme le biofilm et la stagnation sont également déterminants.

Le seuil de 1 000 UFC/L s’applique-t-il partout ?

Non. Il faut vérifier le texte, le bâtiment, le type de réseau, le point d’usage et le paramètre exact. Certains points accueillant des patients très vulnérables exigent un résultat inférieur à la limite de détection.

Legionella spp. et Legionella pneumophila sont-elles identiques ?

Non. Legionella spp. regroupe toutes les espèces du genre, tandis que L. pneumophila est une espèce particulière, la plus fréquemment impliquée dans la légionellose d’origine hydrique.

Une analyse négative garantit-elle que le réseau est sain ?

Non. Elle décrit uniquement le point, le moment et les conditions du prélèvement. Une colonisation peut être localisée ou intermittente.

La PCR et la culture donnent-elles le même résultat ?

Non. La culture mesure des bactéries capables de former des colonies dans les conditions de l’essai. La PCR mesure du matériel génétique. Les unités et l’interprétation diffèrent.

Faire couler l’eau suffit-il à éliminer Legionella ?

Une purge régulière aide à limiter la stagnation, mais elle ne corrige pas à elle seule un biofilm installé, un réseau mal équilibré ou un stockage insuffisamment entretenu.

Un filtre à charbon actif élimine-t-il Legionella ?

Le charbon actif seul ne constitue pas une preuve de réduction de Legionella. Une performance doit être démontrée par un essai microbiologique spécifique.

L’ébullition de l’eau est-elle utile ?

L’ébullition inactive les bactéries dans l’eau destinée à être ingérée, mais elle ne traite pas un réseau d’eau chaude, un pommeau de douche ou une installation produisant des aérosols.

Que faire après plusieurs semaines d’absence ?

Purger prudemment les points d’eau peu utilisés, éviter de respirer les premiers aérosols de la douche, vérifier le bon fonctionnement de la production d’eau chaude et nettoyer les éléments terminaux si nécessaire.

Contaminants et paramètres associés

Sources scientifiques et administratives

Cette fiche s’appuie sur des textes réglementaires et des organismes publics reconnus. Les blogs commerciaux, comparateurs, contenus d’affiliation et sites de vendeurs ne sont pas utilisés comme références scientifiques principales.

  • Directive (UE) 2020/2184 relative à l’eau potable Valeur paramétrique européenne pour Legionella, gestion des risques dans les installations intérieures et méthodes d’analyse.
    Consulter la directive sur EUR-Lex
  • Arrêté du 1er février 2010 – Eau chaude sanitaire Surveillance des légionelles dans les installations collectives alimentant des points d’usage à risque.
    Consulter le texte consolidé sur Légifrance
  • Article 4 de l’arrêté du 1er février 2010 Limite de qualité de 1 000 UFC/L pour Legionella pneumophila aux points d’usage à risque et exigence renforcée pour certains patients.
    Consulter l’article sur Légifrance
  • Arrêté du 30 décembre 2022 – Installations intérieures Évaluation des risques liés aux réseaux intérieurs d’eau froide et valeurs relatives à Legionella.
    Consulter l’arrêté sur Légifrance
  • Ministère chargé de la Santé – Légionellose Informations sanitaires, prévention dans les réseaux et recommandations pour les particuliers.
    Consulter la fiche du ministère
  • Ministère chargé de la Santé – Obligations de prévention Cadres applicables aux réseaux d’eau chaude sanitaire et aux installations susceptibles de disperser des aérosols.
    Consulter les obligations par installation
  • Organisation mondiale de la Santé – Légionellose Transmission, symptômes, facteurs de risque, températures favorables et prévention.
    Consulter la fiche de l’OMS
  • Organisation mondiale de la Santé – Fiche microbiologique Legionella Présence dans l’eau, exposition par aérosols et gestion dans les systèmes d’eau potable.
    Consulter le chapitre microbiologique de l’OMS
  • ECDC – Informations sur la maladie des légionnaires Sources d’exposition, transmission et prévention au niveau européen.
    Consulter la fiche de l’ECDC
  • ECDC – Rapport épidémiologique européen 2024 Données récentes de surveillance de la maladie des légionnaires dans l’UE/EEE.
    Consulter le rapport de l’ECDC
  • CDC – Maîtrise de Legionella dans les réseaux d’eau potable Facteurs de croissance, conception, température, stagnation et programmes de gestion.
    Consulter le module du CDC
  • CDC – About Legionnaires’ Disease Symptômes, populations à risque et voies d’exposition.
    Consulter la fiche du CDC
Avertissement sanitaire : cette fiche est fournie à titre informatif. Elle ne remplace pas une analyse réalisée par un laboratoire accrédité, un diagnostic d’installation, les consignes de l’Agence régionale de santé, les obligations réglementaires ou l’avis d’un professionnel de santé. En présence d’un cas de légionellose, d’un dépassement ou d’une installation accueillant des personnes vulnérables, une prise en charge professionnelle est indispensable.

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